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Votre chat est atteint d’une MALADIE RENALE CHRONIQUE, quel suivi, utile à l’amélioration de sa qualité et de sa durée de vie, pouvez-vous mettre en place?

oct 17, 2013   //   by admin   //   Chat  //  No Comments

Depuis quelques temps, votre chat montrait un appétit capricieux, il sélectionnait ses mets favoris et en délaissait d’autres, il peut avoir perdu du poids si progressivement que cela est passé longtemps inaperçu. Il vomissait de temps à autre. Il faisait moins sa toilette et, moins actif, il dormait davantage. Vous changiez sa litière de plus en plus souvent car il urinait davantage et à un stade avancé, vous avez remarqué qu’il buvait davantage et que son pelage est désormais sec et négligé.

Que ce soit suite à un contrôle sanguin et urinaire de routine lors d’une visite vaccinale, à l’occasion d’un bilan pré-anesthésique, à l’occasion d’un bilan sanguin et urinaire d’exploration d’un amaigrissement et/ou de signes cliniques évoqués plus hauts, ou suite à une crise urémique aigue, votre vétérinaire a diagnostiqué une maladie rénale chronique chez votre chat, quelle surveillance efficace pouvez-vous faire à son retour à votre domicile ?

 

Quelques généralités à propos de la maladie rénale chronique féline :

Si un chat âgé de plus de 15 ans sur 3 est atteint d’une maladie rénale chronique, cette maladie peut atteindre tous les chats entre 1 et 26 ans avec une fréquence croissante. L’âge moyen au moment du diagnostic est de 12,6 ans. Cette maladie résulte de la perte irréversible de tissu rénal fonctionnel sans que la cause initiale du processus pathologique soit encore présente et identifiable au moment du diagnostic.  En début d’évolution, l’organisme met en place des systèmes de compensation de l’altération fonctionnelle rénale qui vont stabiliser l’animal. Mais ces mécanismes s’avèrent ensuite délétères et la maladie s’aggrave.

 

La progression de la maladie rénale chronique féline se fait lentement et par pallier.

Plus la détection se fait à un stade avancé, moins le pronostic est bon.

Plus la détection est précoce, plus le traitement est efficace.

L’International Renal Interest Society (IRIS) propose une classification des maladies rénales chroniques à partir de 2 mesures de créatininémie plasmatique, réalisées sur un animal à jeun, hydraté et stabilisé. Quatre stades de gravité croissante sont ainsi identifiés.

 

Les facteurs de risques de progression rapide de cette maladie sont la protéinurie et l’hypertension artérielle, d’où l’importance de la biologie urinaire (densité, bandelette, RPCU = rapport protéine/créatinine urinaire, culot) et de la mesure de la pression artérielle.  La classification IRIS propose des sous-stades en fonction des valeurs de RPCU et de pression artérielle.

Le but de cette classification est de sensibiliser à la détection précoce de la maladie pour optimiser les résultats thérapeutiques et d’identifier les facteurs de risque de progression rapide pour mieux lutter contre.

 

De par sa nature irréversible et sa tendance progressive, la maladie rénale chronique est décourageante, mais un suivi médical individualisé tenant compte des particularités de votre chat, de la maladie en elle-même, de vos attentes et de vos contraintes ainsi que de votre vétérinaire peut donner des résultats très encourageants : par exemple, plus de 80% de survie 3 ans après le diagnostic pour un groupe de chat.

 

A propos de la détection précoce :

La néphropathie chronique précoce ne saute typiquement pas aux yeux !

Les bilans sanguins et urinaires annuels de routine à l’occasion de la visite vaccinale prennent dans ce cadre tout leur sens :

–       une baisse de la densité urinaire surtout si elle est associée à une élévation de la créatininémie par rapport à l’année précédente, ce même à l’intérieur de la « norme », peut être très significative d’une perte de la fonction excrétrice. En effet, pour un individu de poids stable, le taux de créatinine varie très peu. Ainsi, peuvent être détectés et soignés avec succès des stades 1.

–       Une échographie rénale est conseillée chez les jeunes chats Persans à partir de 6 mois pour détecter la maladie polykystique de façon précoce. La détection de kyste même en absence de baisse de densité urinaire, de protéinurie, d’hypertension artérielle et d’azotémie signifie que le chat est au premier stade. 38 % persans sont atteints par cette maladie congénitale qui reste la plus fréquente malgré sa prévalence en déclin.

A propos du traitement :

Les objectifs :

-       Stade 1 et 2 : ralentir la progression,

-       Stade 3 et 4 : améliorer la qualité de vie

 

L’alimentation = pilier du traitement

Quelque soit le stade, l’ALIMENTATION adaptée est le pilier du traitement, il existe des aliments industriels adaptés sous forme de croquettes, de boites et de sachets fraicheurs. Pour faciliter son acceptation, l’introduire progressivement CHEZ vous (au retour de la clinique) sur 10 à 15 jours.

Mélanger le nouvel aliment à l’ancien en augmentant progressivement la proportion du nouvel aliment et fractionner les repas, au besoin modifier sa température : réchauffer ou refroidir l’aliment pour trouver la préférence de votre chat.

Pour lutter contre la déshydratation, l’aliment humide est à encourager de même que l’encouragement à la prise de boisson (fontaine à eau, apport passif d’eau sous forme de courgettes cuites à l’eau ou autre légumes, administration de seringues d’eau pour les stades avancés et si votre animal coopère).

Au stade 1 et 2, un aliment sénior, appauvri en protéines et phosphore peut suffire.

En stade 3, pour une urée > 1,5 et une créatinémie entre 25 et 30, on préconise un mélange à part égale d’aliment sénior et d’aliment rénal.
Enfin pour une maladie rénale évoluée, si urée>1,5 et créatinémie > 30, l’aliment rénal sera donné exclusivement.

La diète rénale diminue le risque de développer une crise urémique de 75 % par rapport à un aliment physiologique, elle augmente significativement la durée de survie grâce à la réduction de l’apport en protéines, à la réduction phosphatée, à la réduction sodique, à une haute densité calorique, à l’effet alcalinisant et à l’augmentation de l’apport d’acides gras polyinsaturés n-3.

Mais si votre chat refuse l’aliment qui lui convient, que faire ? 100% des malades rénales ont besoin d’adaptation alimentaire mais 50 % la refuse !

Vous pouvez alors essayer de concocter vous même une ration ménagère :

2 exemples pour un CT 4 ans, 4,6 kg en MRC stade 3 débutant (creat = 22) depuis 6 mois:

A fractionner en 3 à 4 repas tièdes :

 

75 g de saumon (frais ou congelé)                       1 cuillère à café d’huile de colza crue

10 g de lentilles très cuites                        20 g de riz blanc cuits

Complément vitamine et calcium à définir avec votre vétérinaire

OU

40 g de viande haché bœuf 15 % 40 g queue de crevette cuite mais pas en conserves

2  cuillères à café huile de colza crue + 2 gélule d EPA

1 cuillère à café sonde blé, 20 g de riz blanc cuits

Complément vitamine et calcium avec votre vétérinaire

 

Si l’aliment « rénal » ne suffit pas à faire baisser la phosphatémie après 1 mois d’aliment adapté, le phosphore, étant le vrai ennemi des reins,  devra être  « capturé » par un chélateur prescrit pas votre vétérinaire.
Votre vétérinaire, suivant le stade IRIS de votre chat instaurera peut-être d’autres traitement visant à bloquer les mécanismes d’adaptation rénale à la perte de fonction, mécanismes positifs à court terme et délétères à long terme, en particulier l’activation du système rénine-angiotensine- aldostérone qui entraine une hypertension glomérulaire par un IECA ou un sartan.

Alimentation adaptée à la maladie rénale et IECA  ou sartan visent à ralentir  progression de la maladie.

Votre vétérinaire cherchera aussi à corriger les facteurs  d’aggravation s’ils sont présents : protéines dans les urines (correction par un IECA ou sartan) et/ou hypertension artérielle (correction par un inhibiteur calcique artérielle).

Enfin dans les stades avancés, on pensera, avant tout, à la qualité de vie en prévenant par une traitement ciblé, les complications de la crise urémique : perte d’appétit, déshydratation  (par des injections sous cutanées de sérum physiologique), troubles digestifs (par des anti vomitifs, antiulcéreux, anti diarrhéiques), anémie (par des injections d’EPO).

Le schéma de suivi sera défini avec votre vétérinaire, selon vos attentes, en fonction du stade de la maladie rénale de votre chat.

Une première visite de contrôle sera réalisée à J0+7 jours en cas d’hypertension ou de protéinurie ou à un mois pour refaire un profil rénal sanguin et urinaire (du, bandelette, culot), mesure de la pression artérielle, hématocrite si les muqueuses sont pâles, échographie si la palpation révèle une déformation rénale.Si l’animal est stable, on renouvelle le contrôle à 3 et 6 mois puis tous les 6 mois en cherchant alors systématiquement les protéines dans les urines par le rapport protéine sur créatinine urinaire. Pour les stades 3 et 4 donc quand la créatininémie >21, on préconise de rapprocher les visites de contrôles.

 

Quels points reflétant la santé rénale pouvez-vous  surveiller à votre domicile ?

 

-       Le poids : 2 pesées mensuelles. Tout amaigrissement doit motiver une surveillance et un encouragement de la prise d’aliment : passage des croquettes au boites ou sachets fraicheurs, fractionnement des repas, changement de température du repas. Un amaigrissement persistant supérieur à 200 g dans le mois doit entrainer une visite.

 

-       hydratation : pli de peau, humidité des muqueuses. Une déshydratation s’accompagne souvent d’une perte de poids. Vous pouvez alors réaliser les premiers actes de réhydratation : aliment humide, mise à disposition d’une fontaine à eau, vous pouvez aussi compléter sa ration alimentaire par une soupe de légumes ou des courgettes/courges cuite à l’eau. Si votre chat coopère, vous pouvez lui administrer des seringues d’eau dans la bouche. Si votre chat présente encore des muqueuses sèches, si le pli de peau entre les omoplates perd encore de son élasticité ou si ses yeux vous paraissent enfoncés dans les orbites, une visite pour évaluer précisément la déshydratation et surtout pour la corriger :

- par une perfusion intraveineuse si elle est sévère

- ou par des injections hebdomadaires (ou plus rapprochées) de sérum sous la peau = épidermoclyse.

Selon la nécessité, vous pourrez apprendre à faire ces injections vous-même si vous le désirez.

 

 -       prise de boisson :  cette surveillance est plus aisée si vous avez un unique chat, la production d’urines étant un bon reflet de la prise de boisson, le rythme de changement de la litière est un indice à surveiller, tout changement doit être noté. La consommation d’eau quotidienne normale est d’environ 40 à 60ml par kg de chat et par jour, un malade rénale peut boire plus de 100 ml par kg et par jour ! Une augmentation de la prise de boisson doit motiver une consultation. Attention, la diminution ou l’arrêt de la prise de boisson peut refléter une crise urémique et elle doit motiver une consultation.

 

-        prise alimentaire : si la reprise d’appétit est un critère pronostique positif tout baisse d’appétit doit être notée pour aussitôt lutter contre par la mise en œuvre les astuces citées plus haut.

 

-       aspect du pelage : un pelage de mauvaise qualité résulte souvent d’un toilettage négligé par votre chat lui-même secondairement à la fatigue accompagnant cette maladie chronique. De même, un vilain pelage peut traduire une déshydratation. Le repérage précoce de ces signes reste un outil précieux pour déclencher les remèdes : épidermoclyse contre la déshydratation, EPO contre l’anémie…

 

 

Conclusion du suivi de toute MRC féline : s’il n’existe pas de remède miracle, un suivi serré de votre part (poids, hydratation, pelage, activité, prise alimentaire et prise de boisson) et un suivi régulier chez votre vétérinaire avec une communication soutenue permettent d’adapter le traitement  aux stades et sous stades de la maladie de votre chat de façon à améliorer sa qualité et sa durée de vie.

 

 

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