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Votre chat a un souffle cardiaque, est-ce grave et que faire ?

mai 25, 2014   //   by admin   //   Chat  //  No Comments

A l’occasion d’une consultation vaccinale ou de tout autre consultation, votre vétérinaire vous a signalé la présence d’un souffle cardiaque, est-ce grave ?

 Impossible de conclure à la présence d’une maladie cardiaque sur la seule existence d’un souffle cardiaque à l’auscultation !

En effet, chez le chat il existe de nombreux souffles fonctionnels dit physiologiques. Le plus fréquent résulte d’une obstruction dynamique de la chambre de chasse du ventricule droit. De 11 à 63 % selon les études présentent ainsi un souffle cardiaque physiologique.

Une manœuvre vagale (massage du planum nasal ou enfoncement doux et progressif des globes osculaires) diminue la fréquence cardiaque et peut faire disparaître le souffle.

 

Toutefois, l’âge du chat importe car un souffle décelé au plus jeune âge peut correspondre à une maladie congénitale (c’est à dire acquise avant la naissance).

De même, plus votre chat vieillit, plus le risque de développer une maladie cardiaque augmente.

 

La race influe également : Main Coon, Ragdol et Bengal sont prédisposé à la cardiomyopathie hypertrophique = CMH :

Prévalence (= pourcentage de chat atteint) des CMH confirmée à l’échocardiographie en France : 2 ,9% Ragdoll, 16,7 % Bengal, 10,1  Main coon et 15, 4 Européen.

 

Votre chat a un souffle cardiaque signalé à plusieurs reprises sans qu’il ne présente de symptômes, que faire ?

Remarque : 86% des chats cardiaques sains présentent un souffle cardiaque et donc 16% ne présentent aucun signe ! Quand la maladie cardiaque s’exprime et que le chat devient donc malade, le souffle cardiaque devient moins fréquent (54%)

Si votre vétérinaire vous signale en plus à l’auscultation la présence d’arythmies et/ ou de bruits de galop, le risque que votre chat soit atteint d’une maladie cardiaque augmente.

Remarque : 24% des chats cardiaques sains présentent des arythmies et 10 % chats cardiaques sains présentent un bruit de galop à l’auscultation.

 

En l’absence de bruit de galop et d’arythmie, le risque n’est pas nul pour autant.

 

L’échocardiographie est le seul examen complémentaire capable de détecter une maladie cardiaque, d’en préciser le type et de définir le traitement le plus adapté.

S’il n’existe pas de preuve ni de consensus sur l’efficacité des traitements de la maladie cardiaque féline asymptomatique (IECA et ivabradine), ces traitements ne peuvent faire que du bien dès la détection de la maladie cardiaque.

Le suivi échocardiographique permet aussi et surtout de déceler le moment où le traitement devient indispensable et de l’ajuster aux mesures observées pour prévenir par exemple une grave thromboembolie.

 

Exemples :

–       mise en place d’aspirine dès que la dilatation atriale atteint un certain degré

–       mise en place d’antiagrégants plaquettaires dès que l’apparition de volutes pré-thrombotiques dans les atrias

 

 

Si votre Main coon, votre Ragdoll, a été testé génétiquement porteur d’une mutation,  pas de panique !

80% des chats porteurs (hétérozygotes) sont sains jusqu’à 4 ans et plus de 50 % sont sains après 5 ans. Un porteur n’exprime pas forcément la maladie car les deux mutations recherchées sont à transmission autosomale dominante à pénétration incomplète.

En France, chez le Main coon , la prévalence de ces mutations est de 41,5 % .

Si votre main coon, votre Ragdoll, a été testé indemne de cette mutation, le risque de développer une CMH n’est pas nul non plus mais beaucoup plus faible (5%) car il existe aussi des CMH secondaires à d’autres mutations.
Les tests  génétiques permettent d’éliminer les homozygotes dominants de la reproduction car ils exprimeront et transmettront systématiquement la maladie et ils permettent de déterminer s’il existe un risque pour votre chat.

Ces test ne sont validés que chez le Main coon et le Ragdoll.

 

Pourquoi ne pas faire une radio pour dépister une cardiomyopathie ? Si le cœur est plus gros que la normale sur la radio, la maladie cardiaque est présente mais l’absence d’anomalie radiologiquement visible ne permet pas de conclure à l’absence de maladie.

 

Le biomarqueur sanguin NT-proBNP présente un intérêt sur une population à risque  (population de Main coon) ou s’il existe des signes d’appels tels que souffle, arythmie, bruit de galop mais si le NT-proBNP est élevé, seule l’echocardiographie permet de conclure à la présence d’une maladie cardiaque

 

Si l’échocardiographie confirmée la cardiomyopathie, que faire ?

- votre vétérinaire mettra en place un traitement ou juste une surveillance

- si votre chat est âgé de plus de 6 ans, votre vétérinaire mesurera la pression artérielle et dosera la T4 libre car une hyperthyroïdie non traitée peut faire basculer la cardiomyopathie en insuffisance cardiaque (épanchement, œdème…)

 

Chez vous, quel suivi, pouvez vous mettre en place ?

Vous pouvez repérer rapidement une progression de la maladie en mesurant la fréquence respiratoire au repos : FRR.

 

Pour mesurer la FRR :

–       assurez-vous que votre chat est au repos ou qu’il dort

–       compter le nombre de respiration = 1 inspiration +1 expiration sur 30 secondes.

–       En multipliant par 2, vous obtenez sa FRR

Renouveler cette mesure dans les mêmes conditions pendant 5 jours consécutifs pour en faire une moyenne et obtenir sa FRR de base.

Ensuite, une fois par semaine, renouveler l’opération.

 

Si la FRR augmente et surtout si elle dépasse 30 respirations par minute, consulter votre vétérinaire.

 

Une FRR supérieure à 30 reflète une décompensation cardiaque avec possible œdème pulmonaire ou épanchement pleural qui nécessite la mise en place rapide de diurétique ou l’augmentation de leur dose et l’ajustement des autres médicaments.

 

Plus le médicament est mis en place rapidement meilleur est son efficacité !

 

Pour vous faciliter le suivi, le laboratoire Boerhinger a mis au point l’application  « Cœur à cœur » de suivi de la FRR pour chien pour smartphone. Celle-ci est utilisable également pour votre chat.

 

En conclusion, retenons :

–       qu’un souffle cardiaque  entendu chez un chat ne signifie pas chat cardiaque !

–       que l’échocardiographie est le SEUL outil pour dépister une maladie cardiaque, en préciser le type et d’optimiser le traitement

–       que votre suivi à la maison de la fréquence respiratoire au repos de votre chat est très utile pour repérer une progression de sa cardiopathie

–       que  20 à 25 % des chats atteints de cardiomyopathie meurent de leur cardiopathie 5 ans après le diagnostic mais que  certains vivent plus de 10 ans !

 

 

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