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Tiques et maladies transmises par les tiques chez le chien et le chat

avr 1, 2013   //   by admin   //   Chat, Chien  //  No Comments

Maladies transmises par les tiques

 

Les tiques, parasites des mammifères,  peuvent transporter des protozoaires (organisme parasite à une seule cellule) et/ou des bactéries et/ou des virus pouvant infecter les mammifères. Près de 30 % des tiques seraient infectées et donc susceptibles de transmettre des maladies.

 

Les stades de développement de la tique : de l’œuf à l’adulte 

cycletique

 

Espèces de  tiques :

Elles sont classées suivant la forme du rostre (= pièces buccales)

– Tiques longirostres  (rostre rectangulaire): Ixodes = tiques des forêts.

La tique des forêts a une prédilection pour l’humidité et la fraicheur des climats tempérés. Les 3 stades (larve, nymphe et adulte) ont besoin d’un repas de sang sur le chien ou un ruminant. Dans les Alpes, il faut 3 ans pour que le cycle de la tique (œuf->larve->nymphe->adulte->ponte) soit complet, dans certaines régions où le climat tempéré froid se réchauffe, l’activité est devenue possible pendant l’hiver et le cycle peut être complet en un an d’où une augmentation de la densité de tiques des forêts.

Ces tiques peuvent transporter des Borrelia (responsable de la maladie de Lyme chez l’homme et le chien), Anaplasma phagocytopilum (responsable de l’anaplasmose ou ehrlichiose granulocytaire chez le chien, chat, cheval, ruminants et homme) et certaines Bartonelles. Chez l’homme, elles peuvent être vecteur de l’encéphalite à tiques.

– Tiques brevirostres (rostre carré) : rostre à bord parallèle Dermacentor présente partout sauf en méditerranée. Ombre et humidité constitue son habitat idéal, on les trouve dans les parcs et jardins et au bord des cours d’eaux. Seul l’adulte vit sur le chien (larve et nymphe sur les rongeurs), aussi les antiparasitaires externes n’agissent-ils que sur une seule phase du cycle.

Ces tiques peuvent transporter des Babésia (responsable de la piroplasmose) et des Rickettsia.

– Tiques à rostre hexagonal : Ripicephalus sanguineus = tique des chenils, murs et grillages, adaptée à la chaleur et la sécheresse, présent surtout dans le bassin méditerranéen, mais s’étend vers le nord. Tous les stades ont besoin du chien, les antiparasitaires externes sont actifs sur toutes les phases du cycle.

Ces tiques peuvent transporter des agents responsables de piroplasmose  (Babésia vogeli), rickettsioses : ehrlichiose monocytaire (ehlrichia canis), thrombocytopénie cyclique (anaplasma platys) et rare hepatozoonose.

 

Quelque soit la tique, au moins 24 à 48 h sont nécessaires entre la morsure de tique et l’inoculation de l’agent pathogène, l’« épouillage » est donc utile. Il est conseillé d’inspecter et d’éliminer systématiquement les tiques après une promenade dans une zone à risque.

On saisit la tique entre les branches du tire-tique puis on le tourne doucement dans le sens inverse des aiguilles d’une montre.

Avec le réchauffement climatique (près de 1°C de plus dans l’hémisphère nord en moins d’un siècle) et l’augmentation de la force des précipitations, on observe une augmentation de la densité de tiques et une extension géographique d’où une capacité vectorielle augmentée.

Si vous voulez voir les différentes tiques et/ou connaître le risque dans votre région pour chacune d’elles, en temps et en heure, cliquez sur ce lien : www.fleatickrisk.com

 

Les maladies transmises par les tiques chez les carnivores

 

1 La Babésiose canine  = piroplasmose

Les babésies sont des protozoaires.

Les babésies sont transportées par deux genres de tiques : Dermacentor (Babesia canis sensu stricto) et Rhipicephalus sanguineus (Babesia canis vogeli)

La Babésiose ou piroplasmose est une protozoose infectieuse et spécifique due à la multiplication dans les globules rouges de diverses espèces de babesia  transmises par des tiques Ixodides.

D’après l’étude RESPAC (http://www.respac.fr), la piroplasmose affecterait surtout des chiens de 5 ans menant pour 85% d’entre eux, un mode de vie rural. Les premiers accès constituent 82% des cas, les récidives (liées à une nouvelle contamination) 17% et les rechutes (liée à la séquestration dans la rate) 1 %.  C’est une pathologie bien connue et assez commune contre laquelle il existe des vaccins.

 

A Espèce de babésies

–       Les grandes Babésies dépassent 3 µm.

Babesia canis canis, transmise par Dermacentor, est la plus pathogène et la plus répandue.

Babesia canis vogeli, transmise par Ripicephalus sanguineus, entraine une forme frustre de piroplasmose, principalement dans le bassin méditerranéen.

–       Les petites Babesies sont inférieures à  3 µm (soit le rayon d’un globule rouge).

Babesia gipsoni existe en Espagne et en Italie ainsi que Babesia microti mais pas en France. Les vecteurs (tiques) existent en France. Ces petites babesis entrainent une maladie plus grave.

 

B Eléments expliquant le déclenchement de la maladie :

–       les signes cliniques classiques sont liés à l’éclatement des globules rouges sous l’action mécanique et immunologique des parasites. Ces  formes répondent bien au traitement classique.

–       Les formes atypiques neurologiques ou pseudo-septicémiques sont moins facilement identifiables à la lecture du frottis sanguin et de moins bon pronostic.

 

C Expressions cliniques :

L’incubation est de 8 jours. Huit jours sont nécessaire entre l’inoculation des Babésies et l’expression de la maladie.

Un syndrome fébrile (fièvre) et hémolytique (destruction des hématies = globules rouges) prédomine : abattement d’apparition brutale, hyperthermie pendant au moins 48 h (> 40°C) concomitante de présence des parasites dans les globules rouges, anorexie totale, puis de façon différée : anémie, urines foncées.

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urines foncées parfois, ici couleur marc de café

 

 

 

Les complications les plus fréquentes sont une insuffisance rénale aigue, un choc, un ictère.

Parmi les formes atypiques, on retrouve ictères pré et hépatiques, hémorragie rétinienne, nécroses cutanées, parésie postérieure.

Les rechutes, liées à la séquestration possible dans la rate, sont possibles (de plus en plus fréquentes) et sont alors observées 8 à 10 j après le début des symptômes, elles répondent moins bien aux traitements.

 

D Diagnostic 

Il repose sur la lecture au microscope d’un étalement de sang. Le diagnostic est facile (s’il est synchrone de l’hyperthermie) mais il y a beaucoup de faux négatifs (si la parasitémie est faible ou s’il y a un phénomène de séquestration).

babesia (enforme de 2gouttes d'eau) dans 2 hématie à 7 h

babesia (enforme de 2gouttes d’eau) dans 2 hématie à 7 h

 

D Traitement :

L’imidocarb en une seule injection induit une amélioration rapide en moins de 36 heures. Si l’amélioration n’est pas spectaculaire, on explore les fonctions rénale et hépatique, on cherche une anémie lors de l’hospitalisation alors nécessaire.

 

E Comment lutter contre la piroplasmose ? 

Les insecticides préviennent les morsures de tiques.

Le retrait des tiques, dans les 24 à 48 heures après morsure, prévient la transmission des maladies.

Il existe deux vaccins qui préviennent la pirosplasmose.

 

Le premier et plus ancien vaccin est constitué d’une base d’antigènes issus de culture de B canis, il est inactivé et adjuvé. Il peut être administré à partir du 5eme mois de vie en dehors des pics épidémiologiques (printemps, automne) chez un chien immunocompétent. Deux injections à 3 ou 4 semaines d’intervalle sont nécessaires suivis d’un rappel annuel. Ce vaccin est contre-indiqué sur les chiennes gestantes et ne doit pas s’administrer avec d’autres vaccins (seuls rage et leptospirose peuvent être associés). Par précaution, il faut attendre 8 semaines après une piroplasmose et il est alors moins efficace à cause de la  compétition entre les antigènes naturels et antigènes vaccinaux.

Le second vaccin est constitué d’une  base d’antigènes issus de culture de B canis et B rossi, il est inactivé et adjuvé. Il peut être administré à partir du 6eme mois de vie en dehors des pics épidémiologiques (printemps, automne) chez un chien immunocompétent. Deux injections à 3 ou 6 semaines d’intervalle sont nécessaires suivis d’un rappel semestriel. Ce vaccin est contre-indiqué sur les chiennes gestantes et allaitantes ne doit pas s’administrer avec d’autres vaccins. La réaction vaccinale peut être manifeste. Mieux vaut vacciner 1 mois avant la saison à tiques.

 

2) La Borreliose de Lyme

 

C’est une maladie infectieuse inoculable due à une bactérie en forme de batonnet, un bacille de la famille des Spirochètes : Borrelia burgdoferi transmise par morsure de la tique des forets : Ixodes ricinius.

En 1998, 8 % de tiques étaient porteuses de Borrelia.

Après morsure d’un mammifère par la tique, 24 à 48 h sont nécessaires pour que Borrelia puisse accéder aux glandes salivaires et infecter l’hôte (changement de température nécessaires à la transformation moléculaire).

D’autres modes de transmission sont possibles par contacts (urines-oral/urine-conjonctival), colostrum/lait, transfusion sanguine et trans- placentaire. Mulots,  campagnols, musaraignes et oiseaux jouent le rôle de réservoirs.

En France, 10 à 30 % des chiens et 5 à 35 % des chats sont séropostifs à 90 % par B burgdoferi. Ils constituent à leur tour un réservoir pour la maladie de Lyme humaine beaucoup plus pathogène.

Dans 95 %  des cas, la maladie est asymptomatique chez le chien. Sinon elle se traduit par de la fièvre et des boiteries intermittentes et changeantes d’un membre à l’autre (membres antérieurs dans 90 % des cas), sans tuméfaction au niveau de l’articulation. La forme chronique  s’exprime  par une arthrite récurrente, non érosive avec boiterie intermittente (fièvre, anorexie, myalgie, léthargie), périarthrite et/ou un syndrome rénal. Les autres manifestations  sont plus rares : endocardites, neuro-encéphalites, uvéite, glomérulonéphrite, néphrite interstitielle.

Le diagnostic est difficile chez le chien, il repose sur faisceau de preuves épidémiologique.

Le traitement spécifique repose sur la doxycycline  pendant un mois.

Il existe un vaccin qui prévient la Borréliose chez le chien : 2 injections  à 4 semaines d’intervalle suivi d’un rappel annuel.

 

Comment lutter contre la maladie de Lyme ?

Les insecticides préviennent les morsures de tiques.

Le retrait des tiques, dans les 24 à 48 heures après morsure, prévient la transmission des maladies.

Il existe un vaccin qui prévient la maladie de Lyme 

 

3 Rickettsioses canines  = autre maladies transmises notamment par des tiques contre lesquels il n’existe pas de vaccin

Les Rickettsiales sont de petits bacilles gram négatif, hémopathogènes, parasites intracellulaires des vertébrés, arthropodes ou helminthes responsables, pour la plupart, de maladies chez l’homme et les animaux vertébrés. Arthropodes (tiques/puces) ou helminthes sont les vecteurs de transmission de ces maladies. Si certaines tiques (Rhipicephalus) peuvent transmettre Rickettsia conorii à l’homme et engendrer la fièvre boutonneuse méditerranéenne (chiens = porteurs sains= réservoir), d’autres tiques peuvent transmettre  des anaplasmataceae (anaplasma, ehrlichia) au chien, à l’homme parfois au ruminant, au cheval ou au chat et des bartonnelles au chiens, chats et homme.

Pour toutes les rickettsioses, il existe une période de latence de 24 à 48 heures entre la morsure de tique et le transfert à hôte de la bactérie puis l’infection sub-clinique dure de 3 à 21 j avant l’apparition des symptômes pour une phase clinique inférieure à un mois. Si l’animal ne guérit pas  ensuite, la maladie devient chronique.

Pour toutes les Rickettsioses, les signes cliniques présentés constants sont une hyperthermie cyclique, une anorexie et des douleurs. Une hypertrophie des ganglions, une anémie, une chute des plaquettes sanguines avec saignements  (2 études ont incriminés les rickettsioses comme responsable de 25 % des cas de syndrome hémorragique) sont possibles ainsi qu’une atteinte oculaire, locomotrice, nerveuse, respiratoire, cardiovasculaire et rénale. A la différence de homme, de rares signes cutanés sont observés.

Le diagnostic repose sur des critères d’exposition aux tiques associés aux signes cliniques et biologiques : l’hémogramme, la  cytologie, la sérologie et la PCR. Aucun test n’est absolument fiable à 100 %.

Au chevet du malade, des inclusions globulaires: « hemopathogènes » peuvent être visible sur le frottis sanguin mais il y a beaucoup de faux négatif, de même pour les sérologies et la PCR.

Le traitement repose sur la doxycycline.

Il n’existe pas de vaccin pour aucune Rickettsiose.

La  lutte contre les tiques ainsi que le retrait des tiques sont essentiels,

 

Les différentes Rickettsioses du chien :

a-    L’Ehrlichiose ou Anaplasmose granulocytaire a pour agent infectieux : Anaplasma phagocytophilum, elle est transmise par la tique Ixodes (tique des forets) à l’homme, au chien aux ruminants, au cheval et au  chat. Elle est présente partout en France sauf dans les zones sèches du sud, elle s’étend vers le nord de l’Europe. Elle se traduit par un syndrome fébrile, une fièvre cyclique, une anorexie, une hypertrophie ganglionnaire, une polyarthrite, des douleurs multiples pas faciles à caractériser.  Faiblement pathogène, elle se résout parfois sans traitement.

b- L’Ehrlichiose monocytaire a pour agent infectieux : ehrlichia canis, elle est transmise par la tique Ripicéphalus sanguineus (tique des chenils et des murs) au chien dans  tout le pourtour méditerranéen, elle s’étend vers l’Europe du nord. Après une incubation supérieure à 14 j, une phase aiguë, puis une phase subclinique, l’animal guérit ou devient atteint d’Ehrlichiose chronique bénigne ou modérée, sévère voire mortelle ou asymptomatique, il demeure alors porteur sain.

Syndrome fébrile (fièvre plus ou moins cyclique, ondulante et rémittente), anorexie (amaigrissement), syndrome hémorragique (saignement de nez, purpura, suffusions, saignement dans la chambre antérieure de l’œil), anémie (inflammatoire ou hémolytique), baisse des globules blancs, syndrome inflammatoire, chute des plaquettes sanguines (en parallèle à hyperthermie) et hypertrophies ganglionnaires sont les symptômes.

La forme chronique  entraine un amaigrissement sévère et se manifeste par un syndrome hémorragique (pétéchies sur l’abdomen et les muqueuses).

c-L’Anaplasmose thrombocytaire a pour agent infectieux : anaplasma platys/ elle est transmise par la tique Ripicephalus sanguineus (tique des chenils et des murs) au chien dans tout le sud France et le sud de l’Europe. Elle entraine une chute des plaquettes sanguines infectieuse cyclique chez le chien. Il existe de nombreux porteurs sains asymptomatiques mais la maladie s’exprime davantage en cas d’autre infection associée.

d- Les Bartonelloses sont rares chez le chien en France (4,8 % de chiens de l’armée séropositifs (porteurs non malades) pour Bartonella vinsonii dans le sud-est de la France en 1999). Aux USA, elles sont principalement associées à des endocardites. Chute de plaquettes, meningo-encéphalite, anémie hémolytique, polyarthrite ont été aussi constatés soit une symptomatologie polymorphe.

 

4 Rickettsioses félines  = autre maladies transmises notamment par des tiques mais surtout par les puces contre lesquels il n’existe pas de vaccin

Rickettsia felis est transmise du chat à l’homme par les puces, elle engendre la fièvre pourpre à puces chez l’homme. C’est une zoonose.

24 cas d’Ehrlichiose monocytaire féline, transmise par Rhipicephalus ont été décrits en France. Les symptômes ressemblent à ceux de la maladie chez le chien.

Mycoplasma haemofelis, bartonellose féline (ancienne hemobartonellose) est surtout transmise par la puce mais tous les modes de transmission ne sont pas élucidés (morsure, autre ?). Elle est responsable de l’anémie infectieuse hémolytique (6 à 17 j d’incubation, abattement, hyperthermie, pâleur, ictère, splénomégalie, signes respiratoires). Ce mycoplasme est un parasite épicellulaire à la surface des globules rouges parfois visible sur le frottis sanguin. Le traitement repose sur la doxycycline et la prednisone.

10 à 50 % des chats sont séropositifs aux Bartonelles suivantes :

–       Bartonella henselae (transmise par puces et tiques (dont Ixodes ricinus))

–       Bartonella clarridgeiae (transmise par puces).

La majorité des chats sont porteurs sains, les signes cliniques sont plus observés en cas d’infection associée comme le FIV : stomatite, gingivite et pathologie ganglionnaire.

Bartonella henselae est l’agent de la maladie humaine de la griffe du chat. Elle est principalement observée en été chez l’enfant suite à un contact avec un jeune chat dans 90 % (pas nécessairement une griffure). Le chat joue le rôle de réservoir pour cette zoonose.

 

Comment lutter contre les Rickettsioses ?

Les insecticides utilisés sur les chiens et les chats préviennent les morsures de tiques et puces.

Le retrait des tiques, dans les 24 à 48 heures après morsure, prévient efficacement la transmission des maladies aux chiens et aux chats mais aussi à l’homme.

Certaines Rickettsioses sont des zoonoses à transmission vectorielle par les tiques et les puces, éviter la promiscuité intime, en ne dormant pas avec son animal de compagnie, en le lavant régulièrement et en se lavant régulièrement les mains constitue une précaution efficace.

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