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Pourquoi vacciner tous les chats y compris les chats d’intérieur contre le typhus et le coryza ?

fév 12, 2014   //   by admin   //   Chat  //  No Comments

Tous les vaccins existant contre le typhus sont associés aux vaccins contre le coryza (Herpes virus et calicivirus) dans un même flacon,  il existe des vaccins vivants atténués et des vaccins inactivés.

Le typhus et la calicivirose se transmettent par contact indirect car les virus sont très résistants dans le milieu extérieur. Un chat d’intérieur sans contact avec d’autres congénères peut être infecté.

Ces vaccins contre le typhus et le coryza sont considérés comme ESSENTIELS  par tous les experts mondiaux.

Voyons les particularités de ces maladies qui, peuvent être graves, mortelles ou récidivantes faisant dans tous les cas appel à une prise en charge parfois lourde et onéreuse, non garantie de succès.

Le typhus ou panleucopénie infectieuse féline ou parvovirose féline est une maladie virale grave et fréquente provoquée par le parvovirus félin (PVF), de distribution mondiale affectant tous les félidés, les ratons laveurs, les visons d’Amérique et les renards. La co-infection par l’herpes  virus et/ou le calicivirus augmente le risque de contracter la parvovirose féline.

 

Le typhus entraine la mort dans la moitié des cas et la mortalité est même de 90 % chez les chatons.

 

Le virus PVF montre un tropisme pour les cellules à multiplication rapide (moelle osseuse et entérocytes) d’où l’entérite et la leucopénie.

La maladie se traduit pas des troubles digestifs majeurs (diarrhées et vomissements) mais aussi des troubles nerveux chez le chaton contaminé par sa mère in utéro (ataxie cérébelleuse) quand la chatte n’a pas avorté, associés à une leucopénie marquée (neutropénie, lymphopénie et thrombocytopénie). Parfois la maladie est fulgurante entrainant la mort en 12 à 24 heures avant tout expression classique.

La maladie est très contagieuse car le virus est très résistant dans le milieu extérieur (plusieurs mois), il résiste à la plupart des désinfectants.

Les chats atteints excrètent de grande quantité de FPV dans les matières fécales (crottes…)  et la transmission se fait par voie fécale-orale.

L’infection la plus fréquente se fait par contact indirect, via les chaussures, les vêtements ou les mains contaminées, ce qui signifie que les chats d’intérieurs sont également exposés.

Le diagnostic repose sur l’interprétation du cortège de symptômes mais il existe d’autres causes de diarrhées avec leucopénie chez le chat : FelV, FIV, PIF, suppuration massive salmonellose, lymphome, causes médicamenteuses… Le diagnostic spécifique de l’infection par PVF peut se faire par :

– le test rapide de détection de l’antigène parvovirus canin

– une PCR sur selles si le test antigénique est douteux

– ou mieux par PCR quantitative qui fera la distinction par rapport à une vaccination récente car seule une charge virale élevée peut être responsable de la maladie. 

A l’admission, les facteurs pronostiques négatifs sont :

–       une leucopénie marquée < 1000/microl

-       une baisse des plaquettes (=thrombocytopénie) surtout si < 135 000/microl

–       une hypoalbuminémie

–       une hypokaliémie

 

La prise en charge est toujours lourde, elle fait appel à d’indispensables perfusions, à une couverture antibiotique à large spectre et à haute dose par voie injectable pour prévenir les infections bactériennes à des anti-vomitifs, des protecteurs gastro-intestinaux…  Le traitement à l’interferon oméga recombinant félin n’augmente pas la survie mais augmente la production d’anticorps.

Les cas suspects ou confirmés doivent être isolés et tout le matériel utilisé soigneusement nettoyé et brossé puis désinfecté à l’eau de javel selon un protocole rigoureux.

 

L’hospitalisation dure en moyenne 7 jours et la moitié de la mortalité est constatée dans les 2 premiers jours d’hospitalisation. La reprise de l’appétit et l’amélioration de la leucopénie après 48 heures d’hospitalisation sont des signes favorables.

 

La vaccination est le seul moyen efficace pour prévenir la parvovirose féline de TOUS les chats y compris les chats d’intérieur, c’est une vaccination ESSENTIELLE.

Les vaccins vivants atténués entrainent une séroconversion plus rapide et sont recommandés par 3 groupes d’experts :

–       www.catvets.com

–       www.wsava.org

–       www.abcd-vets.org

Les vaccins vivants atténués ne doivent pas être utilisés chez les chattes gestantes ni aux chatons de moins de 4 semaines.

2 injections à 9 et 12 semaines sont recommandées et une troisième à 16 semaines est recommandée pour :

-       les chatons particulièrement exposés surtout dans les refuges

-       les chatons issus d’élevage dont la mère présente un haut taux d’anticorps

Le premier rappel est administré un an plus tard.

Une seule injection suivie d’un rappel un an plus tard est préconisée pour les chats adultes au statut vaccinal inconnu, mais, en pratique comme il est associé au vaccin contre le corysa 2 injections à 3 ou 4 semaines d’intervalles sont recommandés la première année puis un  rappel un an plus tard.

Pour maintenir l’immunité, un rappel annuel (en milieu à risque) est ensuite recommandé.

 

Le Coryza félin est une maladie liée à l’infection par l’herpes virus félin 1 (FeHV1) et/ou le Calicivirus et/ou d’autres pathogènes bactériens comme Bordetella bronchiseptica.

L’herpes virose se produit très souvent en association avec la calicivirose et d’autres pathogènes.

HERPES VIROSE /

L’herpes virus félin 1 (FeHV1), virus de distribution mondial affectant tous les félidés, provoque une maladie aigue de l’œil (larmoiement), et de l’arbre respiratoire supérieur : éternuements, toux, nez qui coule C’est aussi la cause la plus fréquente d’ulcères cornéens oculaires (kératite dendritique ulcérative) mais d’autres atteintes oculaires sont possibles : symblépharon, kératite, uvéite antérieure, séquestre cornéen, kératomalacie. Ces signes sont souvent accompagnés de fièvre, abattement profond et perte de d’appétit. Une pneumonie fatale peut être observée mais le taux de mortalité est faible. Plus rarement sont observés des ulcères buccaux et une dermatite ulcéreuse, (souvent de la face).

ulcère cornéen

ulcère cornéen

.séquestre cornéen

.séquestre cornéen

 

 

 

 

 

Le FeHV1 est assez fragile et sensible à la  plupart des antiseptiques, désinfectants et détergents, un contact direct avec un chat excrétant le virus est nécessaire à la contamination. Le FeHV1 se retrouve dans les écoulements d’origine nasale et conjonctivale du chat infecté et l’excrétion peut durer 3 semaines. Après guérison, la plupart des chats restent porteur sains à vie et un stress, une immunodépression peut réactiver le virus et son excrétion.

L’infection est courante dans les collectivités, les nouveaux chats doivent être isolés pendant 2 semaines avant vaccination et introduction. Les chattes gestantes doivent être isolées avant la mise bas et la portée ne doit pas être mis en contact avec les autres pensionnaires avant la vaccination. Les chatons peuvent être infectés par leur mère porteuse latente.

Le diagnostic étiologique spécifique du coryza lié à FeHV1 est basé sur l’examen d’écouvillonnages conjonctivaux, cornéens ou oro-pharyngés. La PCR quantitative est la méthode diagnostique la plus utilisée et la plus fiable : une charge virale élevée suggère l’implication directe du virus dans les signes cliniques observés. A l’inverse, une charge faible peut n’indiquer une infection latente sans expliquer les signes cliniques observés.

La prise en charge de la maladie fait appel à un traitement de soutien (réchauffement, alimentation, mucolytiques, nébulisation, perfusion), à des antibiotiques pour combattre les infections secondaires, des anti-inflammatoires généraux et/ou oculaires comme d’autres topiques oculaires si nécessaire. Cette prise en charge peut être lourde d’où l’importance de la prévention.

Les experts mondiaux considèrent la vaccination contre FeHV1 comme ESSENTIELLE, la vaccination confère une protection clinique et réduit l’excrétion virale mais elle n’empêche pas l’infection ou le développement d’un portage latent.

Il existent de nombreux vaccins contre le coryza : vivants atténués, inactivés, tous sont associés au vaccin contre le typhus (=parvovirus félin).

2 injections à 9 et 12 semaines sont recommandées voire une 3eme si le chat vit en milieu infecté (refuge) à 16 semaines.

Chez un chat adulte, 2 injections espacées de 3 à 4 semaines sont recommandées.

Le premier rappel annuel est indispensable puis l’immunité sera maintenue par des rappels annuels (en milieu à risque).

Selon les recommandations de l’ABCD, les chats doivent être protégés de tout stress susceptibles d’induire une réactivation du virus chez les porteurs latents.

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La CALICIVIROSE :

Cette infection est due à des FCV pathogènes extrêmement contagieux de l’appareil respiratoire supérieur. Cette infection est très répandue chez le Félidés et surtout dans les collectivités on observe des infections simultanées par l’herpes virus, les chlamydies et/ou les bordetelles.

Les FCV sont extrêmement variables et en grandes mutations d’où la grande variabilité de virulence. Des formes systémiques graves hypervirulentes et mortelles ont été récemment observées.

Les matières contaminantes sont les sécrétions oronasales et conjonctivales des chats malades, infectés récemment ou porteur du virus.

Si le contact direct est la voie de contagion la plus fréquente, le virus pouvant rester infectieux jusqu’à un mois sur une surface sèche, une transmission indirecte est possible.

Les signes cliniques dépendent de la virulence de la souche de FCV impliqué et de l’âge du chat :

–       ulcères buccaux, infection des voies respiratoires supérieures, forte fièvre, boiterie sont les symptômes les plus fréquents spectaculaires mais d’évolution favorable

–       une pneumonie chez les jeunes chatons assombrit le pronostic

–       le FCV est impliqué dans la plupart des gingivo-stomatites chroniques

–       la forme hyper virulente présente des signes variables : œdème cutané, fièvre, lésions ulcératives  de la tête et des membres, jaunisse, la mortalité est très élevée (67%) et la maladie plus sévère chez les adultes et extrêmement contagieuse.

 Le diagnostic par RT-PCR est la méthode de choix  sur les prélèvements suivants :

–       écouvillon pharyngé pour la forme respiratoire classique ou la stomatite

–       sang  pour la forme virulente systémique (RT-PCR quantitative)

Si la forme respiratoire classique évolue vers la guérison avec un traitement non spécifique (mucolytique, antibiotiques larges spectre, réalimentaion), la prise en charge des gingivo-stomatites repose sur le traitement bucco-dentaire hygiénique et les extractions. Une amélioration clinique avec réduction de la douleur est observée avec l’interféron oméga mais il n’existe pas de traitement antiviral dont l’efficacité ait été prouvée contre le FCV.

La prise en charge de la forme systémique grave relève des soins intensifs : perfusion, oxygénothérapie, anti-inflammatoires, morphiniques … et nécessite l’isolement du malade et la mise en place de mesures sanitaires drastiques : nettoyage des locaux et du matériel, brossage, désinfection à l’eau de javel à 5% dilue selon un facteur de 1/32 puis vide sanitaire.

La grande variabilité constitue une gageure dans le développement de vaccins efficaces.

Si aucun  vaccin ne protège contre l’infection, le vaccin réduit les signes cliniques et l’excrétion virale, donc la circulation du virus dans la population féline.

Tous les chats en bonne santé doivent être vacciné contre le FCV : vaccination ESSENTIELLE.

2 injections à 9 et 12 semaines sont recommandées voire une 3eme si le chat vit en milieu infecté (refuge) à 16 semaines suivies d’un premier rappel un an plus tard.

Le même protocole s’applique à un chat adulte au statut vaccinal inconnu.

Le vaccin contenant la même souche virale doit alors être utilisé.

Les chats guéris d’une calicivirose ne sont pas protégés à vie des autres souches d’où la recommandation de poursuivre la vaccination pendant toute la vie.

Un rappel annuel maintient l’immunité.

L’infection est courante dans les collectivités, les chats entrant doivent être isolés pendant 2 semaines avant vaccination et introduction. Les chattes gestantes doivent être isolées avant la mise bas et la portée ne doit pas être mis en contact avec les autres pensionnaires avant la vaccination.

 

Bordetella bronchiseptica est une bactérie gram négative qui colonise l ‘appareil respiratoire des mammifères, cet agent pathogènes est fréquent chez le chat surtout de collectivité (refuge ou foyer à plusieurs chat). Cette bactérie peut atteindre l’homme mais la transmission est rare tandis que les chiens atteints de toux de chenil (même agent pathogène) représentent un risque pour les chats. La bactérie est sensible aux désinfectants classiques.

Les signes cliniques peuvent être variés : du simple coryza léger (toux, fièvre, éternuement, écoulement oculaire et gros ganglions) à la pneumonie fatale (observée surtout chez les chatons de moins de 10 semaines).

Un isolement de la bactérie peut se faire à partir d’un écouvillonnage de l’oropharynx.

En absence d’antibiogramme, les tétracyclines sont à prescrire, la doxycycline constitue l’antibiotique de choix auquel se rajoutera un traitement de soutien (perfusion…) selon l’intensité des symptômes.

Il n’existe pas de vaccin en France car la vaccination contre cette infection n’est pas considérée comme essentielle.

 

En conclusion, TOUS les chats doivent être vaccinés contre Typhus et Corysa (Herpes virose et calicivirose) selon le protocole suivant :

2 injections à 9 et 12 semaines sont recommandées voire une 3eme si le chat vit en milieu infecté (refuge) à 16 semaines.

Chez un chat adulte, 2 injections espacées de 3 à 4 semaines sont recommandées.

Le premier rappel annuel est indispensable puis l’immunité sera maintenue par des rappels annuels.

La prise en charge d’un chat atteint de troubles respiratoires ou digestifs doit être rapide et adaptée à l’intensité des signes, le suivi doit être étroit et un isolement est préconisé si l’animal n’est pas vacciné. Enfin les règles d’hygiène sanitaire sont toujours de mise : nettoyage et brossage du matériel et des locaux suivi d’une désinfection à l’eau de javel à 5%.

 

 

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