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PIF, coronavirus, comment faire la différence ?

jan 14, 2014   //   by admin   //   Chat  //  No Comments

Comment s’y reconnaître entre tous les coronavirus ?
Les coronavirus sont des petits virus à ARN. Il existe 2 variétés : les coronavirus à tropisme entéritique (CoEF) et ceux responsables de la PIF (CoPIF), dérivant des premiers par mutation.
Les premiers, peu pathogènes mais très contagieux et surtout transitoires, sont responsables d’infections générales :  diarrhées chez le chaton et souvent asymptomatiques chez l’adulte.
Les seconds, très pathogènes mais très peu contagieux sont responsables d’une maladie grave et mortelle.
Une infection par coronavirus ne signifie donc pas PIF !
Quels sont les risques pour votre chat selon son âge, son mode de vie et son passé de contracter un coronavirus ou de développer une PIF ?

Mode de contamination des coronavirus :
La contamination se fait par voie orale à partir d’un contact avec les selles d’un chat porteur sain, les litières constituent les principales sources.
Les coronavirus résistent 7 semaines dans un milieu extérieur sec et la transmission peut être aussi indirecte (chaussures, mains, vêtements). Attention aux rassemblements félins !
Les virus sont rapidement détruits par les détergents classiques même un mélange savon/eau.
Dans les élevages, les chatons s’infectent vers 5 à 6 semaines voire 2 semaines si la pression infectieuse est importante. L’excrétion virale dure ensuite de quelques semaines à plusieurs années.

Mutation du CoEF en CoPIF :
Le virus CoEF peut muter en CoPIF pendant sa réplication dans un organisme et devenir fatal pour le chat. Le CoEF à tropisme entéritique mute en CoPIF à tropisme monocytaire et macrophagique, il n’est donc plus excrété dans les selles et il n’est donc plus contagieux.
En moyenne, 12% des chats infectés vont développer des signes de PIF et près de 20 % dans les refuges.

Les facteurs de risque de mutation et donc de PIF sont :
– la collectivité (charge virale plus élevée dans la litière, promiscuité, exposition à des porteurs chroniques)
– l’âge : les jeunes de moins de 3 ans sont les plus exposés (70 % des PIF avec épanchements s’observent sur des chats de moins d’un an) et les chats âgés de plus de 13 ans peuvent exprimer des formes neurologiques
– les infections intercurrentes (FIV, typhus) comme toute cause de stress (changement d’environnement à l’adoption, surpopulation, chirurgie) entraine une baisse d’immunité rendant le chat plus vulnérable à la mutation
– certaines races pourraient être prédisposées : Abyssin, Birman, Bengal, Ragdoll et d’autres plus résistants comme le Persan, Siamois, Bleu Russe.

Signes cliniques de PIF :
La PIF est une maladie évoluant généralement de façon chronique sur plusieurs mois. Un chat atteint de PIF présente typiquement un mauvais état général, il est souvent sujet à des baisses d’appétit, un amaigrissement, des épisodes de fièvre, des uvéites (pupille contractée, iris de couleur changée…), des troubles nerveux, respiratoires ou viscéraux. Les épanchements sont fréquents avant 1 an, l’épanchement peut être thoracique engendrant des difficultés pour respirer ou abdominal et entrainer alors un gros ventre.
A la ponction, le liquide est souvent jaune, visqueux et épais mais cet aspect n’est pas caractéristique. L’analyse conclut toujours à un exsudat non septique, riche en protéine et pauvre en cellules.
Les formes digestives (vomissement, diarrhées chroniques, hypertrophie des ganglions abdominaux, masses intestinales) deviennent moins rares.

Le diagnostic de PIF est DIFFICILE :
Aucun examen complémentaire n’est spécifique de cette maladie !
En début d’évolution, le diagnostic peut être difficile mais au fur et à mesure de l’évolution, l’interprétation des symptômes et des examens complémentaires devient plus aisée si on les confronte à l’historique de l’animal (âge, stress, séjours antérieurs en collectivité). Le dépistage d’une rétrovirose (FeLV et FIV) est toujours préconisé.
La recherche d’un épanchement est la première étape de la démarche diagnostique. Hyperprotéinemie et hyperbilirubinémie en absence d’hémolyse ne sont pas rares.

En absence d’épanchement, seule une sérologie négative peut exclure la PIF.
Une sérologie (ou test rapide) positive est le témoin d’une infection par des coronavirus qu’ils soient pathogènes ou non.
La sérologie n’a pas de valeur diagnostique dans le diagnostic de la PIF maladie.
La sérologie n’est pas suffisamment spécifique pour permettre d’établir un diagnostic même si le titre est élevé, une sérologie positive si elle est réalisée sur un animal jeune ayant vécu en collectivité aura peu de valeur vu la forte prévalence de l’infection par les coronavirus en collectivité.
Chez le chaton, les anticorps maternels peuvent persister jusqu’à 16 semaines.
Lors d’infection à coronavirus, la séroconversion se fait en 3 à 4 semaines.

En présence d’épanchement, la présence du virus mis en évidence par RT-PCR dans l’épanchement est un élément de diagnostic déterminant d’autant plus que la charge virale est élevée.

ascite chez un chat atteint de PIF

ascite chez un chat atteint de PIF

 

scrotum rempli d'ascite chez un chat castré atteint de PIF

scrotum rempli d’ascite chez un chat castré atteint de PIF

 

 

 

 

 

 

En cas d’hyperthermie, la présence du virus mis en évidence par RT-PCR dans le sang prélevé au moment du pic d’hyperthermie est d’autant plus spécifique que l’animal est âgé (difficile à interpréter si le chat est âgé de moins de 4 mois).

En présence de signes nerveux ou oculaire isolés, la recherche de virus doit se faire dans le liquide cérébrospinal ou l’humeur aqueuse.

Dans les formes digestives, un examen histo-pathologique sur des biopsies de masse intestinale et/ou des ganglions lymphatiques mésentérique associé à une RT-PCR sur ces mêmes prélèvements .

Traitement :
Aucun traitement n’a d’efficacité prouvée.
Les corticostéroïdes amélioreraient plus ou moins durablement les signes cliniques.

Prévention :
Il existe un vaccin non commercialisé en France et non recommandé par les experts européens.
La prévention sanitaire est primordiale et possible car les voies de transmission sont connues.
Il est donc recommandé en élevage comme dans toute collectivité :
– de changer très régulièrement les litières
– d’éviter la surpopulation et les stress
– d’isoler les jeunes chatons des chats adultes possibles excréteurs de virus.

Pour définir le statut d’un élevage, on teste par sérologie les plus anciens et les plus récemment arrivés dans l’effectif, si tous ces chats sont séronégatifs, l’élevage est très probablement indemne.
La détection des rétroviroses est essentielle également car elles constituent des facteurs de risque majeurs.

Dans un effectif indemne, on recommande
– de limiter le nombre de chat,
– de respecter une hygiène stricte
– de faire un dépistage sérologique des chats entrants après une quarantaine de 8 semaines : seuls les séronégatifs de plus de 4 mois entrent. La sérologie et les tests rapides PIF ne peuvent être interprétés chez le chaton avant l’âge de 4 mois à cause de la persistance des anticorps maternels et du délai de conversion et il faut attendre, pour le dépistage, 2 mois après le dernier contact avec un animal à risque à cause du délai de conversion.
de détecter les chats excréteurs chroniques parmi les séropositifs par 2 RT-PCR sur selles à un mois d’intervalle. Si la charge virale est élevée, l’excrétion de grande quantité de virus en continu constitue un risque majeur et il est préférable de ne pas laisser entrer ces individus dans l’élevage, ils feront d’excellents animaux de compagnie. Ces chats ne doivent surtout pas être en contact avec les jeunes chatons et éventuellement écartés de la reproduction.

Dans un effectif contaminé, on recommande
– d’identifier les excréteurs chroniques par 2 RT-PCR sur selles à un mois d’intervalle. Si la charge virale est élevée, l’exclusion de ces chats excréteurs chroniques est préférable
– de renforcer les mesures d’hygiène,
– d’isoler les jeunes chatons des chats adultes
– de sélectionner les reproducteurs, plus les reproducteurs sont jeunes (<3ans) plus le risque est élevé.

La recherche des porteurs chroniques est une étape clé de l’éradication de la maladie en élevage.

En pension, si l’hygiène correcte et si les chats sont en box individuel, le risque de contracter la PIF maladie est très faible.

Dans les refuges, l’infection est si répandue que les experts ne recommandent pas de réaliser ces tests.

Quelles mesures prendre après un cas de PIF ?

- Une simple désinfection (eau, savon, eau de javel) de tous les ustensiles et de l’intérieur suffit chez vous si vous êtes un particulier suite au décès de votre chat atteints de PIF. Si le chat décédé vivait avec des congénères, le risque de contamination est d’autant plus faible que la maladie s’est déclarée peu après son arrivée à la maison. Sinon, il est possible que tous les chats soient infectés sans que cela ne présage des conséquences. Aucune mesure n’est à prendre. Si vous désirez connaître le statut des autres animaux, une sérologie peut être effectuée 1 à 2 mois après le décès du chat par la PIF, un résultat négatif exclut tout risque de PIF et un résultat positif ne permet d’émettre aucun pronostic.
– En collectivité, les mesures sont plus lourdes :
– Les mères séropositives peuvent reproduire mais le sevrage doit être précoce à 5 semaines et les chatons doivent être isolés du groupe jusqu’à 16 semaines (maturité su système immunitaire). L’isolement doit être rigoureux par groupe de 1 à 4 et les conditions d’hygiène draconiennes.
– Il est recommander de conserver des reproducteurs au delà de l’âge de 3 ans, de les limiter au nombre de 6, d’écarter de la reproduction les mâles et les femelles ayant eu des cas de PIF dans leur descendance et de limiter le nombre de portée.

La PIF est une maladie virale chronique et mortelle dont la fréquence est rare comparativement à celle de l’infection par les coronavirus. La symptomatologie est très variée avec des formes rares probablement sous diagnostiquées. Le diagnostic est difficile est la démarche doit être rigoureuse prenant en compte l’histoire de la maladie, l’âge et le mode de vie du chat pour mettre en œuvre les examens les plus pertinents appropriés à chaque cas. Le diagnostic de certitude détermine un pronostic fatal pour l’animal et implique une prise en charge des congénères de l’environnement.

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