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Les parasites internes des carnivores domestiques : 1° Les parasites gastro-intestinaux du chat

avr 15, 2013   //   by admin   //   Chat  //  No Comments

Pourquoi vermifuger mon animal ? Je ne vois pas de vers…

Voilà une question légitime et souvent entendue. Les parasites internes ont des cycles de développement tels que seuls les adultes sont visibles à l’œil nu, or ils vivent à l’intérieur du corps…

Oui mais mon animal ne sort pas…

Histoire vraie :

ténia

ténia

Voilà la bébête trouvée dans les vomissements d’un jeune chat de 10 mois sans accès à l’extérieur depuis l’acquisition à 2 mois et n’ayant jamais été vermifugé : photo d’un ténia : vers avec anneaux (=proglottis) en grain de riz.

Il est probable que la contamination  de ce ténia ait été faite lors de son plus jeune âge par ingestion  de puces contaminées s’il s’agit d’un Dypilidium caninum ou moins probablement par ingestion du foie d’un rongeur contaminé s’il s’agit de taenia taeniaeformis. Cette infestation est fréquente et totalement asymptomatique en dehors des troubles digestifs qu’elle peut occasionner lors de l’expulsion mais elle constitue une source de contamination pour l’homme (zoonose occasionnelle). D’où l’intérêt et l’importance d’utiliser des antiparasitaires externes contre les puces (3,1% de puces contaminées) et internes lors de l’acquisition d’un animal.

La chimioprévention (vermifuges) permet d’éliminer périodiquement les vers abrités par l’animal. Le rythme de vermifugation dépend de l’âge et du mode vie de l’animal…

Les parasites gastro-intestinaux du chat : 

Ils sont nombreux, généralement bénin et de répartition géographique variable.

Certains sont transmissibles à l’homme, il s’agit de zoonose.

Toxocara cati est un agent mineur de larva migrans chez l’homme.

Les zoonoses de parasites gastro-intestinaux transmises par les chats sont rares.

Pour en savoir plus sur les zoonoses parasitaires, cliquez sur ce lien

www.dmipfmv.ulg.ac.be/parasitovet/m/doc1/Zoonoses.pdf

 

Les parasites selon le site digestif touché :

Estomac : Ollulanus tricuspis

Intestin grêle :

–       Nématodes : Toxocara cati (cosmopolite, bénin), Toxocara leonina (cosmopolite et rare), Ancylostoma tubaeforme (bénin, surtout dans le sud de l’Europe et zoonose peu importante), (bénin, surtout dans le nord de l’Europe), Strongyloides stercoralis(surtout dans le sud de l’Europe)

–       Nombreuses espèces de Cestodes = vers plats dont Dypilidium caninum et taenia spp (fréquent, bénin, asymptomatique), Echinococcus granulosus et multilocularis (rarissime, bénin, zoonose prioritaire car grave pour l’homme)

–       Coccidioses et Giardioses (protozoaires responsables d’infestations assez fréquentes en collectivités et responsables de diarrhées chroniques peu graves).

Gros intestin : Tritrichomonas fœtus (protozoaire flagellé responsable d’une maladie parasitaire émergente, affecte principalement des jeunes chats de moins d’un an  (surtout avant 4 mois) vivant souvent en collectivité, bénin sauf en cas de co-infection).

 

Les facteurs de risques d’infestation parasitaires :

–       âge :les chatons et les chats très âgés sont prédisposés.

–       Allaitement : Toxocara leonina peut être transmis pendant l’allaitement aux chatons..

–       Etat de santé : les chats porteurs de puces ou souffrant de maladie chronique sont plus sensibles.

–       Mode de vie : les chats vivant en collectivité et/ou ayant un libre accès à un jardin sont particulièrement exposés, de même que ceux qui côtoient des animaux errants.

–       Alimentation : les chats qui ingèrent des rongeurs, des mollusques (limaces et escargots), du poisson ou de la viande crue, de l’eau non potable, des abats, des carcasses,  des placentas ou autres produits d’avortement sont très exposés.

–       Lieu de vie et voyages : selon la ou les région(s) fréquentées, le risque varie en type d’infestation et en intensité.

 

Les symptômes des parasites gastro intestinaux :

parasites Symptômes chez le chat
Toxocara cati Asymptomatique à faible niveau,à niveau élevé : cachexie, abdomen ballonné chez le chaton et même occlusion et intussusception. Pneumonie occasionnelle
Toxocara leonina Asymptomatique
Ancylostoma et uncinaria Diarrhée aigue ou chronique (hémorragique pour Ancylostoma), anémie, perte de poids
Tritrichomonas fœtus Asymptomatique ou selles en bouse de vache avec sang et/ou mucus, diarrhée récidivante, inconfort à la palpation abdominal, anite.
Taenia… Asymptomatique
Dypilidium caninum Asymptomatique ou démangeaison anale
Echinococcus granulosus et multilocularis Asymptomatique
Coccidies Diarrhée au sevrage ou après adoption parfois en gelée de groseille
Giardia Asymptomatique ou diarrhée mucoÏde pâteuse intermittente ou selles grasses, plus rarement perte de poids et anorexie

 

Pour en savoir plus sur chaque parasite et les maladies associées et connaître les recommandations établies par les experts européens, cliquez sur ce lien : www.esccap.org

 

Quelles mesures prendre pour limiter la pression parasitaire et diminuer le risque de zoonose ?

-       ramasser et éliminer les excréments des animaux pour limiter la contamination environnementale. Beaucoup de parasites présentent des œufs qui, contaminant le sol ou l’eau, s’avèrent très résistants. A la campagne, les jardins peuvent être contaminés par des excréments d’animaux sauvages tels que les renards (parfois porteurs d’œufs d’échinocoques).

-       Minimiser l’accès des zones contaminées aux enfants

-       Respecter les règles d’hygiène vis à vis des animaux : se laver régulièrement les mains et ne pas dormir avec son chat.

-       Le laver régulièrement pour éliminer les œufs présents sur le pelage

-       Vermifuger régulièrement les chats  à un rythme adapté à son âge et à son mode de vie ou bien réaliser une recherche de parasite dans les selles tous les 3 mois par une méthode de flottaison.

 

La vermifugation, à l’aide d’une molécule à spectre large, prescrit par votre vétérinaire, à la bonne dose en fonction du poids et sur une durée adaptée au type de vers ciblés, permet d’éliminer périodiquement les vers abrités par l’animal.

Le rythme de vermifugation dépend de l’âge et du mode vie de l’animal…

 

CALENDRIER DE VERMIFUGATION /

A partir de l’âge de 3 semaines (avec un vermifuge adapté) : tous les mois jusqu’à 6 mois,

Puis, suivant le mode de vie, avec un vermifuge à large spectre pendant toute la vie :

-       tous les mois en cas de situation à risque (accès à un jardin privatif et jeux avec enfants en bas âge) ou encore pour les chats ayant contact avec des rongeurs dans l’est de la France (Echinococcus multilocularis)

-       à chaque saison (soit tous les 3 mois) pour protéger l’animal et diminuer  le niveau de contamination de l’environnement des chats ayant accès à un jardin privatif.

-       tous les 6 mois ou annuellement pour les chats d’intérieur nourris exclusivement aux croquettes buvant exclusivement de l’eau potable, faiblement exposés (contamination possible par l’intermédiaire des puces).

 

 

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