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Je palpe une boule sous le ventre de ma chatte, que faire ?

août 30, 2013   //   by admin   //   Chat  //  No Comments

Dans un premier temps, le brossage permet de vérifier qu’il ne s’agisse pas d’une bourre de poil, puis l’observation de votre chatte sur le dos (posé délicatement dans cette position avec de l’aide) permet de confirmer s’il s’agit bien d’une boule de chair et de la situer (mamelle droite ou gauche, premier au cinquième mamelon en partant du haut ou entre quels mamelons).

Le tissu mammaire de la chatte s’étend de l’ars (aisselle) à l’aine et se manifeste par 4 à 5 mamelons bien visibles.

Toute masse située sur cette ligne (sur ou entre les mamelons) doit faire penser à une tumeur mammaire et nécessite une évaluation par votre vétérinaire, il pourra la différencier d’un autre kyste (lipome) ou d’une hernie. (ombilicale =centrale vers le troisième mamelon ou inguinale sur le cinquième).

masse mammaire de chatte

photo

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ma chatte a une masse mammaire, que faire ?

–       Sur une jeune chatte non stérilisée chirurgicalement, surtout si elle est sous contraceptifs oraux, il peut s’agir d’une pseudo-tumeur liée à un excès de progestérone. L’ablation de la masse (parfois énorme et spectaculaire) et  surtout l’ablation des ovaires (=ovariectomie) sont préconisés

–       Sur une chatte plus âgée, on vérifie le statut sexuel : stérilisé ou non, sous contraceptifs oraux ou nonavant d’envisager le type de chirurgie.

masse mammaire en vue rapprochée

Rappelons l’effet protecteur de la stérilisation précoce. Une chatte stérilisée présente 11 fois moins de risque de développer une tumeur mammaire si elle est stérilisée avant 2 ans. Ensuite, la stérilisation a moins d’impact sur le risque mais il est impératif de stopper l’utilisation des contraceptifs oraux dès qu’une tumeur mammaire est apparue quelque soit sa nature

En résumé, la stérilisation chirurgicale est impérative dès l’apparition de tumeur mammaire quelque soit sa nature le même jour que la mastectomie ou de façon différée et rapprochée selon les cas.

 Attendre avant d’opérer ne présente aucun intérêt,  la seule façon d’être sûr que la tumeur mammaire n’évolue pas est de la retirer chirurgicalement et largement. 93 % des tumeurs mammaires félines sont malignes avec 80 % d’adénocarcinomes et la tumeur mammaire féline est au 3ème rang des tumeurs félines après le lymphome et les tumeurs cutanées.

Se contenter de surveiller et d’enlever la tumeur mammaire quand elle grossit constitue un pis aller (qui ne doit être dicté que par la coexistence de « contre-indications chirurgicales tels qu’une maladie chronique), car les bénéfices de la chirurgie sont moindres et les risques amplifiés.

 

Face à l’agressivité potentielle des tumeurs mammaires félines, l’attitude doit être « agressive ».

 

Un bilan d’extension est indispensable avant chirurgie :

–       On recherche systématiquement les métastases  pulmonaires par 2 clichés radiologiques (ou mieux par un scanner) : face/profil le jour ou les veilles de la chirurgie, Au scanner, les métastases sont visibles dès que leur taille est supérieure à 1mm tandis qu’à la radio, elles sont visibles à partir d’une taille supérieure à 8mm.

–       si le nœud lymphatique sus-sternal est hypertrophié, votre vétérinaire peut vous proposer une échographie abdominale de dépistage de métastase hépatique, rénale ou splénique

 

L’ablation de la chaine entière avec ablation des nœuds lymphatiques et la stérilisation constitue la méthode chirurgicale de choix, l’ablation doit être large avec des marges aussi saines que possible,  le caractère diffus du tissu mammaire félin rend cette tâche difficile.

phototmcte

L’analyse histologique affine le diagnostic et permet de cibler le traitement complémentaire.

 

Dès qu’on est face à un adénocarcinome, une chimiothérapie peut être proposée.

Ce traitement est intéressant même dans les cas avancés mais il est couteux et contraignant. Votre vétérinaire suit alors le guide des bonnes pratiques d’emploi des médicaments anticancéreux (stockage, préparation, hospitalisation, gestion des déchets, traçabilité).

Un entretien préalable avec votre vétérinaire est indiqué pour prendre connaissance des modalités de traitement, des contraintes, du cout et des risques. Mieux vaut prendre un temps de réflexion avant de signer la fiche de consentement éclairé et de partir pour 8 séances maximum espacées de 3 semaines (en ce qui concerne l’adriblastine, molécule la plus utilisée).

L’emploi de molécules cytotoxiques est très réglementée et l’administration des produits (adriblatine le plus souvent) ne peut se faire que par voie intraveineuse sous haut contrôle pendant une hospitalisation lourde de 24 heures après contrôle de la fonction rénale (à cause de la toxicité) et sous anesthésie générale (à cause de la toxicité péri veineuse qui nécessite un animal parfaitement immobile). Le retour à la maison commence par 6 jours de surveillance accrue pendant lesquels vous devez vous engagez à respecter les clauses suivantes :

• Proscrire les contacts de l’animal avec les enfants, les femmes enceintes et les personnes immunodéprimées.


• Nettoyer quotidiennement le lieu de couchage de votre animal en portant des gants en latex (épaisseur minimum 0,2 mm) ou en vinyle (épaisseur minimum 0,16 mm).


• Respecter les précautions indiquées pour récolter et éliminer les vomissures, selles et urines

Interdisez toute sortie à l’extérieur du domicile. Eliminez le plus rapidement possibles les litières contaminées par des urines ou des selles :

  • Utilisez des gants en latex (épaisseur minimum 0,2 mm) ou en vinyle (épaisseur minimum 0,16 mm) et un sac plastique hermétique.
  • Déplacez le bac à litière dans une pièce d’espace réduit, qui n’est pas un lieu de vie et facilement nettoyable ; par exemple la pièce des 
toilettes.
  • Lorsque l’animal vomit, recueillez les vomissures avec du papier absorbant et les placer dans un sac plastique en portant les gants. Jeter 
le papier utilisé dans les toilettes , mettre les gants dans le sac plastique et jeter le sac plastique dans le container à déchets ménagers.
  • A l’aide d’une pelle en plastique, retirez la litière contaminée, jetez la dans les toilettes et procédez à son évacuation.
  • Nettoyez la pelle à grande eau javellisée et jeter l’eau résiduelle dans les toilettes.
  • Placez le reste de la litière dans le sac plastique solide puis les gants et jetez l’ensemble dans votre container à déchets ménagers.

Extrait  de la fiche n° 14 du guide des bonnes pratiques : modalités d’information à l’attention du propriétaire ou détenteur de l’animal : cas général du traitement dans l’établissement de soins vétérinaires

 

En conclusion, compte tenu de la fréquente agressivité des tumeurs mammaires félines  (autour de 90 % de malignité) et de leurs fréquences (3ème rang des tumeurs félines), l’ablation d’emblée systématique de la chaine entière  après recherche de métastases pulmonaires (par 2 clichés radiologiques face/profil ou mieux par un scanner) et parfois abdominale par échographie constitue le traitement de choix.

La taille de la tumeur supérieure à 3 centimètres et la présence d’un nœud lymphatique infiltré (ganglion) sont des facteurs pronostics péjoratifs, face à une tumeur mammaire, même petite, l’expectative est donc à bannir.

Le meilleur traitement reste la prévention : stérilisation chirurgicale avant 2 ans !

Mais la stérilisation reste d’actualité ensuite si elle n’a pas été réalisée (contre-indication absolue des contraceptifs oraux)

Seules exceptions quant à l’intérêt de l’ablation large :

-       la fibroadenomatose = pseudo tumeur chez les jeunes chattes sous contraceptifs oraux, l’ablation de la(les) masse(s) accompagnée impérativement de l’ovariectomie sont curatives

-       une maladie chronique augmentant le risque chirurgicale, la mastectomie seule constitue alors un pis aller améliorant le confort de vie.

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