• Subcribe to Our RSS Feed

Et les tumeurs mammaires des rongeurs, toujours des « boules » palpables sous l’abdomen ?

sept 15, 2013   //   by admin   //   NAC  //  No Comments

Si les tumeurs mammaires  s’expriment dans la majorité des espèces de mammifères, y compris chez la majorité des rongeurs, par des « boules » palpables sous le ventre, le tissu mammaire de la rate est si étendu que des tumeurs mammaires peuvent se développer dans le cou ou sur le dos…

 

1° Chez le cochon d’inde  (caviomorphe) :

Une seule paire de mamelles inguinales (sous le ventre près de la queue) existe chez le cochon d’Inde, aucune communication ni lymphatique ni sanguine n’existerait entre les 2.

Les tumeurs mammaires s’observent aussi bien chez le mâle et la femelle.

Le plus souvent, il s’agit de tumeurs bénignes (fibroadénomes), mais des adénocarcinomes malins sont aussi possibles, ils sont alors très invasifs localement et peuvent métastaser aux poumons. Ce potentiel métastatique est tardif.

L’ablation précoce de la tumeur et du ganglion associé, après une radio pulmonaire, est le traitement de choix et elle offre un bon pronostic.

Si les 2 mamelles sont atteintes, il est préférable d’intervenir en 2 fois à 4 semaines d’intervalle car la mastectomie globale demande un glissement de peau à cicatrisation plus fragile.

La précocité d’intervention et la surveillance du site opéré et de l’autre mamelle sont essentiels.

2°) Chez la lapine (lagomorphe)

La lapine possède 4 à 6 paires de mamelles.

Le plus souvent, il s’agit de tumeurs malignes qui métastasent rapidement aux nœuds lymphatiques de proximité, aux poumons et autres organes.

Les lapines non stérilisées de plus de 5 ans sont particulièrement exposées. Les hyperplasies kystiques mammaires sont souvent associées à des anomalies utérines (observées chez 80 % des lapines âgées de plus e 5 ans). Ces hyperplasies peuvent se compliquer d’adénocarcinomes.

La stérilisation précoce avant 5 ans est l’élément phare de la prévention.

Des dysplasies mammaires associées à des adénomes hypophysaires à prolactine existent aussi.

L’ablation large et précoce de la(es) tumeur(s) mammaire(s) de la lapine, associée à l’ovario-hysterectomie, impérativement après une radio pulmonaire est le traitement de choix, le pronostic varie selon la mamelle touchée (les tumeurs mammaires thoraciques sont de pronostic plus sombre que les tumeurs abdominales ou inguinales) et surtout de la nature de la tumeur.

 

3°) Chez  les myomorphes

 

- chez la souris :

La souris possède 5 paires de mamelles.

Les tumeurs mammaires sont fréquentes et souvent cancéreuses avec des métastases précoces au parenchyme pulmonaire.

Les tumeurs mammaires thoraciques sont de pronostic plus sombre que les tumeurs abdominales ou inguinales.

L’ablation chirurgicale de la tumeur mammaire de la souris est discutable et à envisager seulement après un bilan d’extension notamment par des radios pulmonaires ne mettant pas en évidence de métastase.

 

–       chez la rate

La rate possède 6 paires de mamelles : 3 paires thoraciques et 3 paires abdomino-inguinales, le tissu mammaire est très développé, s’étendant dans le cou, les épaules, entre les cuisses, autour des organes génitaux et parfois même sur la ligne des dos.

L’hyperplasie mammaire et les kystes bénins, sont fréquents chez la rate.

Jusqu’à 90 % des rates, non stérilisées peuvent développer une tumeur mammaire au cours de leur vie.

tumeur mammaire sur ratte anesthésiée

tumeur mammaire sur ratte anesthésiée

Si le prélèvement est suffisamment riche en cellules, la cytoponction de la masse permet de distinguer une tumeur mammaire bénigne/cancéreuse d’abcès, de lipome, de kyste sébacé ou d’autre tumeur cutané.

Les chaleurs de la rate recommencent tous les 3 à 5 jours de la puberté (3  mois d’âge) à la ménopause (15 /18 mois) or les hormones sexuelles influent sur le développement des tumeurs mammaires, ces dernières grossissent donc très vite et encore plus en cas de gestation !

De même, la prolactine influe sur le développement des tumeurs mammaires, La prolactine est synthétisée lors de la gestation, de la lactation et lors d’adénome (tumeurs) hypophysaires, elle est aussi produite par la tumeur mammaire elle-même qui en accélère la croissance.

Le poids de la tumeur peut alors handicaper les déplacements de la rate.

 

volumineuse tumeur mammaire handicapante

volumineuse tumeur mammaire handicapante

 

Si les facteurs de risques : origines génétiques, stress chroniques, obésité, tumeur hypophysaire ne sont pas tous clairement identifiés, la stérilisation précoce entre 4 à 6 mois est l’élément phare identifié de la prévention.

 

Le plus souvent dans 80 % des cas, il s’agit de tumeurs bénignes (fibroadénomes, adénomes, fibromes ou plus rarement adénolipome).

 

Dans 20 % des cas, il s’agit de tumeurs cancéreuses : adénocarcinomes qui surviennent d’emblée ou  à l’emplacement d’un fibroadénome. De même aspect qu’une tumeur bénigne au début, elles deviennent vite adhérentes aux muscles, moins mobilisables et plus vascularisées. Elles peuvent métastaser aux ganglions, poumons, os et peau.

 

Une radio pulmonaire (face/profil) est donc toujours recommandée avant l’ablation chirurgicale de chaque tumeur mammaire de rate. Pour limiter le risque de récidive, la stérilisation chirurgicale se fait en même temps  (si la tumeur n’est pas trop volumineuse) ou 4 semaines après.

 

En cas d’hyperprolactinémie suspectée (galactorrhée, tumeur mammaire sécrétant de la prolactine ou de suspicion d’adénome hypophysaire),  la cabergoline (0,1mg/kg) est administrée tous les 3 jours pendant toute la vie de la rate de façon concomitante à l’ablation chirurgicale.

 

Chez les rongeurs, aussi bien que chez la chienne et la chatte, la meilleure prévention des tumeurs mammaires réside dans la stérilisation chirurgicale précoce.

 

 

Leave a comment