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EPILEPSIE DU CHIEN, DEDRAMATISONS !

mar 8, 2015   //   by admin   //   Chien  //  No Comments

Epilepsie signifie « crises répétées », il s’agit de crises convulsives liées à dysfonctionnement paroxystique, soudain et TRANSITOIRE du cerveau. Ces crises résultent d’un excès en terme d’intensité et de fréquence des impulsions électriques dans le cerveau et, lors d’épilepsie, elles se reproduisent dans le temps.

Trois phases sont généralement présentes pour toutes les crises :

  • phase 1 dite prémonitoire ou d’aura qui s’accompagne de modifications comportementales (déambulations inhabituelles, salivation, vocalises…)
  • phase 2 d’ichtus ou de crise (la plus spectaculaire) qui comprend une ou plusieurs des phases suivantes :

Contractures musculaires avec raidissement et chute sur le côté

Contractions musculaires brèves, soudaines, répétées et involontaires d’une ou plusieurs parties du corps

Perte soudaine de tonus musculaire (possible émission incontrôlée d’urine)

Absence à perte de conscience

  • phase 3 ou de post-ictus : altérations comportementales suivant la crise (respiration bruyante, fatigue, troubles nerveux, hallucinations, troubles de la vision, troubles de l’équilibre).

La manifestation d’une crise est très variable.

Une crise partielle peut se résumer au tremblement d’un seul membre, de la lèvre ou d’une oreille.

A l’opposé une crise complète s’accompagne d’une perte de connaissance, de salivation, de pertes d’urines et de selles et surtout de mouvements incontrôlés spectaculaires.

 La crise est généralement courte de quelques secondes à quelques minutes qui semblent d’autant plus longues que la crise est spectaculaire.

SI la crise peut paraître violent, elle n’est généralement ni dangereuse ni douloureuse pour votre compagnon.

 

Que faire face à une première crise ?

Déjà, pas de panique…

Pendant la crise, n’essayer JAMAIS de tenir la tête de votre animal ou de sortir sa langue. Il est impossible qu’il l’avale mais il pourrait vous mordre accidentellement puis qu’il ne contrôle pas se mouvements pendant la crise.

 

L’aspect incontrôlé et involontaire des mouvements et la perte de conscience parfois observée peut vous avoir tellement impressionné que vous n’avez pas eu l’esprit de tout détailler ni de tout enregistrer.

Notez à postériori tout ce dont vous vous souvenez y compris la durée estimée.

Prenez rendez-vous avec votre vétérinaire pour confirmer qu’il s’agit bien d’une crise convulsive et non d’une syncope.

Votre vétérinaire vous proposera des examens complémentaires permettant d’éliminer tout risque d’épilepsie secondaire à une cause sous jacente mettant en danger à court terme la vie de votre animal.

Ne vous étonnez pas si aucun traitement n’est mis en place après une première crise, ce dernier est généralement instauré après 3 crises.

Il a pour but de diminuer l’intensité et la durée des crises. On évite que les foyers épileptogènes ne se propagent davantage dans le cerveau comme un feu de broussaille : après 3 crises, il est délétère de différer la mise en place d’un traitement.

 

La prise de rendez-vous devient urgente dans les 3 cas suivants :

  • si la crise dure plus de 5mn
  • si votre chien fait d’emblée plusieurs crises dans la journée
  • si l’état de votre chien vous inquiète beaucoup

 

Pourquoi l’épilepsie impressionne t’elle tant ?

Si, comme chez l’homme, l’épilepsie canine n’est pas si rare puisqu’elle touche 1 % environ des chiens, il nous est difficile de la comprendre puisque seul 1% d’entre nous l’expérimentent à la différence d’une gastroentérite dont les symptômes sont familiers à chacun d’entre nous !

La perte de connaissance n’est pas à confondre avec une déviance du comportement dont le caractère imprévisible pourrait nous menacer, ni avec l’installation d’un coma.

La perte de connaissance est temporaire et l’intensité des mouvements involontaires ne présage pas de leur durée, la crise est COURTE.

 

L’épilepsie n’a pas toujours la même origine.
On l’a dit primaire quand aucune cause sous jacente aux crises n’est identifiée. Les chiens souffrant d’épilepsie primaire sont en très bonne santé entre les crises.

L’épilepsie primaire dure toute la vie de l’animal, si elle est incurable, elle peut être très bien contrôlée offrant à votre chien une excellente qualité de vie.
Ainsi 90 % des cas d’épilepsie primaire sont bien régulés avec un traitement simple (un ou 2 médicaments à prendre par la bouche matin et soir). Soyons positifs et restons optimiste !

 

L’épilepsie est dite secondaire quand les crises sont provoquées par d’autres problèmes médicaux tels que une infection, une tumeur, un traumatisme crânien ou une intoxication. Le pronostic est alors plus réservé.

 

Si on comprend moins ce qu’on ne connaît pas, que faire pour se sentir moins impressionné par le caractère spectaculaire de la crise ?

 

Gardons notre calme et concentrons nous sur les bonnes pratiques à instaurer :

  • Si vous repérez les signes annonciateurs de la crise (déambulations, léchage des babines, salivation, aboiements, gémissements, fuite isolement), protégez votre chien des blessures qu’il pourrait s’infliger pendant la crise en dégageant de son environnement tout ce contre quoi il pourrait se cogner.
  • Limitez les sollicitations sensorielles : en créant un environnement calme et sombre.
  • Chronométrez la crise : noter l’heure de début et de fin de la crise
  • Soyez attentif au déroulement de la crise : notez par écrit s’il y a ou non perte de conscience, absence, contractions musculaires de quelles parties du corps, mâchonnements, pédalage, hyper salivation, vomissements, émission de selles ou d’urines, altérations comportementales (hallucination, vocalise… La description précise du déroulement de la crise sera une aide précieuse pour aider votre vétérinaire à instaurer le traitement le plus approprié. L’attention que vous porterez à la description exhaustive des signes pendant la crise vous aidera aussi à diminuer votre propre appréhension. Vous pouvez aussi filmer la crise et reporter ensuite vos observations sur un journal des crises. La tenue de ce journal constitue un atout précieux pour optimiser le traitement nécessaire.
  • Surveiller votre chien après la crise : retour rapide à la normale ou bien présence d’anomalies comme des troubles comportementaux, de la fatigue, des troubles de l’équilibre ou des sens… Mesurer le temps nécessaire pour retrouver un état normal. Notez toutes vos observations dans le journal des crises.

 

N’essayer JAMAIS de tenir la tête de votre animal ou de sortir sa langue. Il est impossible qu’il l’avale mais il pourrait vous mordre accidentellement puis qu’il ne contrôle pas se mouvements pendant la crise.

Concentrez vous sur l’aspect pratique des mesures à prendre et appliquez les !

Rappelez vous que la crise est le plus souvent indolore et sans danger tant qu’elle est courte.

 

Soulignons enfin que ces symptômes si peu familiers peuvent être envisagés comme un voyage de courte durée avec un billet de retour !

 

Que faire face à une épilepsie avérée et traitée ?

  • donnez le traitement à la dose prescrite à heures régulières, n’augmentez pas et ne diminuez pas la dose de votre propre initiative, si vous oubliez une prise, ne doublez pas la dose suivante et évitez les oublis par la suite
  • Offrez à votre chien une vie régulière sans bruits excessifs, émotions et éclairages intenses qui risqueraient de déclencher une crise
  • Suivez le poids de votre animal
  • Remplissez le journal des crises le plus attentivement possible
  • Amenez régulièrement votre chien chez votre vétérinaire pour le suivi du traitement : trouver la dose minimale efficace peut demander des ajustements, vérifier l’efficacité et l’innocuité du médicament nécessite des contrôles sanguins réguliers dont l’intervalle sera défini au cas par cas avec votre vétérinaire. Chaque médicament, s’il est efficace, peut provoquer des effets secondaires, le plus souvent temporaires et anodins mais qui demandent une surveillance.

 

L’épilepsie primaire canine touche 1% de nos compagnons à 4 pattes, elle apparaît entre 6 mois et 6 ans, le plus souvent entre 1 et 5 ans. La prise en charge médicamenteuse se fait en général après 3 crises et dure toute la vie de l’animal. Le traitement vise à diminuer la fréquence et la durée des crises. Dans 90 % des cas, il repose sur l’administration bi quotidienne d’un à 2 médicaments. Chaque cas est unique et demande une prise en charge personnalisée. La précision de vos observations sera précieuse à votre vétérinaire pour adapter le traitement. Grâce à un suivi régulier, votre chien gardera une excellente qualité de vie. Le plus souvent, l’épilepsie ne diminuera pas sa durée de vie.

Le caractère spectaculaire des crises ne reflète donc pas la gravité de l’affection mais, après 3 crises, la prise en charge thérapeutique est indispensable.

Pour en savoir plus : www.epilepsie-chien.fr

 

 

 

 

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