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Connaître les particularités comportementales de votre chat pour vivre en harmonie avec lui.

sept 10, 2014   //   by admin   //   Chat  //  No Comments

Avez-vous déjà connu  un chat qui mangeait n’importe quoi même des objets non comestibles, qui ne savait rentrer en contact avec les humains que brutalement et qui, cerise sur le gâteau, serait en plus tombé par la fenêtre ? Ce chat pourrait être hyperactif.

Avez-vous déjà connu  un chaton trouvé, les yeux remplis de désespoir, au fin fond d’un garage, sauvé par un bon samaritain et qui, depuis, mène sa vie caché derrière les armoires ? Ce chat pourrait souffrir d’un syndrome de privation.

Avez-vous déjà connu  une chatte amoureuse de sa maitresse, sans cesse collée à elle ? Cette chatte pourrait souffrir d’une autonomopathie essentielle.

Avez-vous déjà connu  un chat qui gronde et agresse tout ce qui bouge ? Ce chat hyperviolent pourrait souffrir d’une aschézie.

Les troubles du comportement sont moins flagrants et souvent moins gênants que ceux du chien mais ils existent vraiment.

Pour les comprendre et les prévenir, rentrons dans le monde du chat  et soulignons ses particularités :

–       un développement rapide,

–       une capacité à l‘attachement

–       une sociabilité facultative : un chat peut très bien vivre seul, les chats féraux (= domestiqué et retourné à l’état sauvage) se passent parfaitement de relations sociales !

–       un double statut de prédateur et de proie qui lui confère une palette très étendue de comportement : un même chat peut être adorable chez vous et une furie dans un milieu différent telle une clinique vétérinaire.

 

Comme pour le chien, le développement comprend 4 étapes :

–       la période prénatale 20 jours avant la mise bas pendant la quelle caresser le ventre de la mère et apporter affection, soins et sérénité contribue à l’équilibre psychique des futurs chatons,

–       la période néonatale  de 0 à 10 jours jusqu’à l’ouverture des yeux

–       la période de transition de 10 à 15 jours qui correspond à l’orientation auditive

–       la période de sociabilisation de 15 j à 49 jours seulement en cas de nouvelle gestation ou au mieux de 15 j à 63 jours. Cette période, beaucoup plus courte que chez le chien, de 5 à 7 semaines, comprend la phase de détachement. Le détachement intervient d’autant plus tôt que la chatte attend une nouvelle portée. Plus le détachement est précoce, plus le chaton risque de devenir hyperactif.

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Le développement du chat est donc rapide, les erreurs marquent davantage mais heureusement les chats sont très résilients.

 

Quelques mots sur les principaux troubles du comportement, énumérés par ordre de fréquence :

 

HSHA ou  L’HYPERACTIVITE :

Ces chats sont responsables de nombreuses agressions, ils ne savent pas s’arrêter ni dans leurs déplacements ni dans leurs contacts. Mains, joues et ailes du nez de leurs maitres sont souvent  griffées ou mordues. Ils avalent tout, ce sont les champions des opérés pour corps étrangers. Ils n’ont peur de rien, on les retrouve nombreux parmi les chats « parachutistes » qui sautent par la fenêtre ! Ils dorment peu mais ils peuvent tomber endormis d’épuisement n’importe où. Ils ne sont pas toujours propres. Ils peuvent détruire des objets en les mordillant. Ils peuvent téter de façon persistante tissus, cheveux ou objets.

On les décrits fatigants et ils font mal !

LE SYNDROME DE PRIVATION :

Comme un chat n’a pas besoin d’être emmené en promenade, ce trouble passe plus inaperçu même s’il est très répandu. Ce chat n’utilise pas tout l’espace, il se terre souvent en hauteur, disparaît quand  arrivent des visiteurs. Il peut devenir agressif avec les étrangers ou bien s’il se sent agressé en milieu fermé. Il évite les contacts avec le plus grand nombre mais peut s’attacher même excessivement à son maitre.

 

L’AUTONOMOPATHIE ESSENTIELLE
Les chatons orphelins adoptés très tôt par les humains peuvent développer un trouble de l’attachement nommé l’autonomopathie essentielle. Le chat parait être amoureux de la personne qui l’a recueillit, il n’explore les lieux qu’en sa présence en revenant très régulièrement se frotter à elle. Conséquence de cette relation fusionnelle, l’absence de l’être aimé déclenche miaulements, inhibition (le chat se cache), perte de poil suite au léchage intempestif, marquage urinaire sur le lit du maitre. Au retour de l’être d’attachement, le chat se frotte constamment à elle (allomarquage) pour être en contact perpétuel et ne marque plus son territoire par les phéromones faciales.

Cette relation peut être difficile à changer, un tel attachement est parfois très apprécié de son maitre… Il est toujours plus facile à prévenir une autonomopathie, la relation est certes moins fusionnelle mais les séparations sont mieux vécues pour tout le monde.

 

L’ASCHEZIE :

Seule l’aschézie est rare, précoce et grave : ce chaton, séparé de sa mère trop précocement, n’a alors reçu aucun apprentissage des codes de relation, il attaque de plus en plus quand on lui demande d’arrêter, il est incapable de vivre en communauté et ne tolère aucune contrainte. Facile à repérer au moment d’adopter un chaton, ce chat ne convient qu’à une personne résigner à le laisser vivre sa vie de solitaire…

 

Comment prévenir ces troubles ?

 Pendant la phase prénatale :

Un éleveur devra être attentif à la qualité du père. Le sens tactile étant efficace 15 j avant la naissance, parler doucement aux mères et leur caresser le ventre contribue à l’équilibre ultérieur des chatons.

Pendant la phase de sociabilisation :

Pour les chatons orphelins, l’adoption par un humain est très difficile à réussir, mieux vaut si possible faire appel à un chat adulte régulateur.

En tout temps, à la maison :

L’équilibre du chat est lié à la qualité de son territoire qui comprend 5 composantes

–       un lieu d’isolement et de repos

–       une aire d’élimination

–       une aire de jeuIMG_7440

–       une aire d’observation

–       une aire de chasse

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Le chat structure son environnement grâce au marquage :

–       facial

–       griffade

–       urinaire

Les marquage faciaux par des phéromones naturelles comprend celui de l’environnement et celui des êtres vivants (= allomarquage).

Le marquage par griffades verticales est physiologique près du champ d’isolement, il devient signe d’anxiété s’il a lieu en plusieurs sites loin du champ d’isolement.

Le marquage urinaire sur support vertical en soulevant la queue et en miaulant est anormal sauf si 80 % du marquage facial a été effacé par un ménage drastique, attention à ne pas supprimer les traces de marquage facial !

 

Respecter la structure du territoire félin est essentiel au bon équilibre de votre chat.

Etablir ou rétablir des relations familières en bannissant les punitions !

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Contrairement au chien, pas de hiérarchie qui vaille chez le chat, il est délétère de vouloir imposer des règles par la force. Au contraire, il faut juste interrompre les échanges quand on aperçoit les signes d’agacements : frisson qui parcourt les ligne du dos = rolling skin syndrom, battement de queue et oreilles en arrière.

Punir un chat ne résout rien, il ne fait qu’augmenter l’anxiété.

La double nature de prédateur et de proie est à conserver en mémoire, dans la nature, un chat se nourrit 10 à 15 fois par jour, mieux vaut fractionner les repas, quitte à cacher des croquettes pour satisfaire son instinct de chasse.

On diminue ainsi le risque d’agression par prédation.

En cas d’agression, repérer les moments à risque, les anticiper pour mieux les éviter.

Si un chat, nourri 2 fois par jour a l’habitude d’attaquer juste avant le repas, multiplier le nombre de petits repas sera le pilier de la thérapie comportementale.

Se souvenir qu’un chat n’est pas un être social, il peut s’attacher mais il peut mener une vie solitaire, il est inutile et délétère de le contraindre aux échanges et aux caresses. Mieux vaut repérer les lieux et les moments où ce « contacteur-court » est demandeur de calins.

 

Comment guérir ces troubles ?

 

Le traitement repose sur une pyramide à 4 étages avec par ordre d’importance :

1°) Restructurer le territoire  de votre chat en respectant les 5 composantes et le marquage, au besoin en faisant appel aux phéromones artificiels.

2°) Rétablir des relations familières en bannissant les punitions

3°) Thérapie comportementale, à mettre en œuvre au cas par cas avec votre vétérinaire. Le but sera de supprimer les comportements indésirables en associant l‘action indésirable à un stimulus négatif comme le spray d’eau reçu au moment de griffade et de relancer des interactions positives par le jeu.

Ainsi, une personne âgée, ayant déménagé avec son chat d’une maison à vaste jardin à un petit appartement, agressé désormais par son chat aux pieds et mains, pourra rediriger les agressions sur un jouet suspendu à une canne à pêche. On rétablira de cette façon des relations amicales propriétaire/chat…

4°) Chimiothérapie

Parmi les produits en vente libre, les phéromones synthétiques sont utiles quelque soit le trouble et suffisent en prévention et dans les premières phases des troubles.

Les anxiolytiques légers et naturels tels le Zylkène® et l’Anxitane® sont efficaces dans un cadre du syndrome de privation et inefficaces dans le cadre de l’hyperactivité.

Ils facilitent également l’adoption et les changements : déménagements, introduction d’un nouvel animal ou d’un nouvel individu

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Pour des troubles plus marqués tels ceux évoqués plus hauts, plus la prise en charge est rapide et globale (restructuration d territoire, rétablissement de relations familières, thérapie comportementale et chimiothérapie prescrite par votre vétérinaire), plus elle sera efficace.

 

Les molécules seront prescrites en fonction des symptômes dominants et non selon telle ou telle affection.

De façon schématique et à titre d’exemple, voici les grandes lignes de traitement :

Si des symptômes dopaminergiques dominent (agression par irritation, anticipation, signes digestifs tels les bâillements, salivation, diarrhées), la seleginine sera indiquée.

Si des symptômes noradrenergiques et sérotoninergiques dominent (hypervigilance, sursauts, pipis émotionnels, accélération de la respiration), la clomipramine sera indiquée.

Si des symptômes sérotoninergiques dominent (hyperactivité, perte des contrôles), la fluoxétine sera indiquée.

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L’équilibre du chat est lié à la qualité de son territoire. Connaître les 5 composantes de son territoire et sa façon de le structurer grâce au marquage (triple : facial, griffade et urinaire) est essentiel pour bien le respecter. Fractionner ses repas et au besoin cacher ses croquettes peut contribuer à respecter son statut et de prédateur.

Le chat étant un « contacteur court » et sans notion de hiérarchie, il est inutile voir néfaste d’essayer de le contraindre, mieux vaut repérer chez lui les signes d’agacement et interrompre les contacts avant tout conflit.

Si un chat n’est pas un animal social, grâce à des relations familières amicales, il est capable de s’attacher et de vivre avec vous une tendre complicité !

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