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3° Les autres parasites internes du chien

mai 1, 2013   //   by admin   //   Chien  //  No Comments

Angiostrongylose, dirofilariose, leishmaniose, néosporose sont les autres parasitoses internes pas si rares…

ANGIOSTRONGYLUS VASORUM responsable de l’ANGIOSTRONGYLOSE :

Il s’agit d’une parasitose EMERGENTE avec une aire de répartition géographique de plus en plus large. Seuls quelques départements français du nord, du centre et du sud-est sont épargnés. Le réchauffement climatique favorable à la multiplication des escargots et limaces, l’augmentation significative de la population de renards (autant concerné que le chien) et la libre circulation des animaux asymptomatiques explique l’émergence  de cette parasitose.

Sont exposés les chiens susceptibles d’ingérer des petits mammifères, des escargots ou des limaces, les chiens de chasse sont donc particulièrement exposés.

Quels sont les signes cliniques ?

Cette strongylose respiratoire est liée au développement des larves  dans les ramifications de l’artère pulmonaire puis dans les alvéoles pulmonaires.

Si la parasitose s’exprime, les signes sont le plus souvent respiratoires (discrète fatigue au début avec difficultés de récupération après exercice), polypnée,  puis signes d’hypertension pulmonaires (toux, syncopes, œdème pulmonaire et ascite). Plus rarement, les troubles de la coagulation occasionnés peuvent entrainer des hémorragies (des muqueuses, oculaires, nasales et pulmonaires, abdominales).

Face à la gravité potentielle de l’Angiostrongylose, il convient d’éviter que les chiens n’ingèrent de petits mammifères et de mollusques quand c’est possible.

Sinon, l’administration hebdomadaire de milbémycine oxime réduit l’infestation en période à risque (période de chasse) de même que l’administration mensuelle de moxidectine + imidaclopride.

 

DIROFILARIA IMMITIS, transmise par un CULICOIDES (moustique), responsable de la DIROFILARIOSE

Il s’agit d’une maladie vectorielle transmise par les moustiques du genre Culicoides répandue dans le bassin méditerranéen et les dom-tom.

Dirofilaria repens est beaucoup plus répandu mais non pathogène.

L’action pathogène est liée à l’action mécanique, toxique et antigénique des larves et des adultes dans l’artère pulmonaire et/ou le ventricule droit.

Les signes cliniques sont surtout respiratoires puis cardiaques. Au début, elle est caractérisée par une légère dyspnée avec essoufflement à l’effort et  une petite toux puis la dyspnée et l’essoufflement deviennent permanents avant que n’apparaissent des signes de décompensation cardiaque : œdème pulmonaire, ascite, tachycardie. Le diagnostique de certitude repose sur l’échocardiographie et la sérologie.

Si le traitement de la maladie avancée est délicat, la prévention est essentielle car efficace.

Tous les animaux vivant en zone endémique (bassin méditerranéen et Dom tom) doivent être traité mensuellement.
Pour un séjour inférieur à 28 jours, les animaux doivent être traités à J 28.

Pour un séjour supérieur à 28 jours, les animaux doivent être traités à J28, puis mensuellement puis à J28 après le retour.

Ivermectine, sélamectine, milbémycine et moxidectine peuvent être utilisés.

 

LEISHMANIA INFANTUM transmise par un MOUSTIQUE du genre PHLEBOTOME, responsable d’une zoonose : la LEISHMANIOSE

Il s’agit d’une maladie vectorielle transmise par les moustiques du genre Phlébotome répandue dans les départements jouxtant la méditerranée (Corse comprise) ainsi qu’en Guyane. On observe une tendance à l’extension des départements méditerranéens vers le nord et le sud ouest.

Leishmania infantum est un protozoaire dont la forme a-mastigote se développe à l’intérieur de toutes les cellules de l’organisme (macrophages) sauf dans le sang.

L’expression clinique est extrêmement variable (signes généraux (fatigue, fièvre amaigrissement), signes cutanés, augmentations de taille des ganglions, signes oculaires, signes rénaux et plus rarement signes articulaires et nerveux).

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chien leishmanien avec squamosis important

La suspicion  repose sur la présence des signes cliniques décrits associés à l’évaluation des facteurs de risques. Le diagnostic doit être confirmé par la sérologie quantitative puis la cytologie avec mise en évidence des parasites dans les ganglions ou la moelle osseuse ou l’histologie. Si la suspicion est très forte avec des examens négatifs, la PCR est alors nécessaire.

Le chien malade restera toujours infecté même s’il est traité, il peut être une source de contamination pour l’homme via une piqure de moustique mais le risque de zoonose n’est marqué que si le propriétaire est immunodéprimé (SIDA ou greffe).

Avant d’entreprendre le traitement spécifique, l’évaluation de la fonction rénale est essentielle pour corriger l’insuffisance si elle existe.

Antimoniate de méglumine associé à l’allopurinol constitue le traitement de choix selon les experts européens (ESCCAP = European Scientific Councel Companion Animal Parasites et LeishVet).

Le pronostic varie selon le stade de la maladie au moment du diagnostic.

La leishmaniose est une maladie grave dont le chien ne peut guérir, la prévention est essentielle.

En zone endémique (sud de la France) que le chien soit indemne ou infecté (alors source de parasite), il doit être traité avec des insecticides efficaces contre les phlébotomes. Le rythme d’administration doit tenir compte du délai d’action (exemple : 48 heures pour l’Advantix, 8 jours pour le Scalibor…) et de la durée d’action (exemple : 3 semaines pour l’Advantix, 5 mois pour le Scalibor…).

Il existe aussi un vaccin pour les chiens de plus de 6 mois, séronégatifs, non gestantes et non allaitantes.

La primovaccination repose sur 3 injections à 3 semaines d’intervalle suivies d’un rappel annuel.

La vaccination  ne dispense pas de la protection insecticide.

 

Pour les chiens vivant en dehors de la zone endémique, on observera une protection seulement en prévision des déplacements dans le sud de la France ou dans une autre zone endémique :

-       On préconise les insecticides seuls en cas de déplacement ponctuel

-       On conseille le vaccin pour les chiens séronégatifs de plus de 6 mois associé aux insecticides en cas de déplacements réguliers en zone endémique.

Pour les chiens vivant en zone endémique, la protection dépend du stade physiologique et du statut sérologique de l’animal :

-       On préconise les insecticides seuls pour les chiens de moins de 6 mois, les femelles gestantes, allaitantes ou les chiens infectés et malades

-       On conseille les insecticides et le vaccin pour les chiens séronégatifs de plus de 6 mois

-       pour les chiens séropositifs, le suivi clinique, biologique et sérologique est associé à l’utilisation des insecticides. 70 % des séropositifs sont asymptomatiques, le traitement de consensus du premier stade de la maladie (allopurinol) est commencé lors de l’élévation du titre d’anticorps. Il est préférable d’exclure les animaux séropositifs de la reproduction et du don de sang car la contamination peut accessoirement se faire par voie sanguine et vénérienne.

 

NEOSPORA CANINUM responsable de la NEOSPOROSE

Il s’agit d’une maladie infectieuse  RARE, non contagieuse, due  à l’action pathogène de Néospora caninum (protozoaire) et à sa multiplication dans toutes les cellules de l’organisme et surtout du système nerveux.

La contamination du chien se fait essentiellement par ingestion de placentas de vache ou de viande de bœuf crue contaminée par des kystes avec bradyzoites, la contamination trans-placentaire en fin de gestation est également possible.

Le chien est le seul hôte définitif connu, la vache est l’hôte intermédiaire chez qui la néosporose se manifeste par des avortements.

La plupart des cas signalés concernent des chiots de mois de 6 mois infectés par voie transplacentaire mais l’affection peut provoquer une maladie chez les chiens de tout âge. Les signes cliniques sont essentiellement neurologiques avec une parésie postérieure puis une paralysie ascendante associée à une myosite. La contracture des quadriceps entraine une extension caractéristique des membres postérieurs.

Une sérologie significative ou une PCR sur des nerfs doit confirmer un tableau clinique évocateur pour être diagnostique. L’antibiothérapie (sulfamides, clindamycine) est possible au début de l’évolution de la maladie mais n’améliore que la moitié des chiens traités.

La prévention est essentielle : il faut proscrire l’accès à la viande crue et aux abats crus pour les chiens de ferme et éviter la contamination fécale de l’eau et des aliments pour les bovins.

Toute chienne séropositive doit être exclue de la reproduction.


 

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